ACTE II, SCÈNE IY. 347
fait faire tout cela me doit faire l'honneur de venir dînerléans.
LE MAÎTRE A DANSER.
Tout est prôt.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
An reste, Monsieur, ce n’est pas assez : il faut qu’une per-sonne comme vous, qui êtes magnifique, et qui avez de l'in-clination pour les belles choses, ait un concert de musiquechez soi tous les mercredis ou tous les jeudis.
MONSIEUR JOURDAIN.
Est-ce que les gens de qualité en ont?
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Oui, Monsieur.
MONSIEUR JOURDAIN.
J'en aurai donc. Cela sera-t-il beau?
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Sansdoute.il vous faudra trois voix: un dessus, une haute-contre et une basse, qui seront accompagnées d'une basse deviole, d’un téorbe et d'un clavecin pour les basses continues,avec deux dessus de violon pour jouer les ritournelles.
MONSIEUR JOURDAIN.
11 y faudra mettre aussi une trompette marine (1). La trom-pette marine est un instrument qui me plaît, et qui est har-monieux.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Laissez-nous gouverner les choses.
MONSIEUR JOURDAIN.
Au moins, n'oubliez pas tantôt de m'envoyer des musicienspour chanter à table.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Vous aurez tout ce qu’il vous faut.
MONSIEUR JOURDAIN.
Mais, surtout, que le ballet soit beau.
LE MAÎTRE DE MUSIQUE.
Vous en serez content ; et, entre autres choses, de certainsmenuets que vous y verrez.
MONSIEUR JOURDAIN.
Ah! les menuets sont ma danse, et je veux que vous meles voyiez danser. Allons, mon maître.
I.E MAÎTRE A DANSER.
Un chapeau, Monsieur, s'il vous plaît. (Monsieur Jourdain va
(L Cet instrument est fbrrad d’une sonie oordo fort grosse montfe snr un cho-valet, et qui rend uu sou assez semblable & celui do la trompette.