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Tome II.
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ACTE II, SCÈNE VI. 357

dre entièrement, et allongeant les deux lèvres en dehors,•es approchant aussi l'une de l'autre, sans les joindre tout à•ait : U.

MONSIEUR JOURDAIN.

U, U. 11 n'y a rien de plus véritable : U.

LE MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.

Vos deux lèvres s’allongent comme si vous faisiez la moue :

1 où vient que si vous la voulez faire à quelqu'un, et vous•"oquer de lui, vous ne sauriez lui dire que U.

MONSIEUR JOURDAIN.

U, U. Cela est vrai. Ah! que n'ai-je étudié plus tôt, poursavoir tout cela!

LE MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.

Demain, nous verrons les autres lettres, qui sont les con-sonnes.

MONSIEUR JOURDAIN.

Est-ce qu’il y a des choses aussi curieuses qu'à celles-ci ?

LE MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.

Sans doute. La consonne D, par exemple, se prononce endonnant du bout de la langue au-dessus des dents d’en haut :

MONSIEUR JOURDAIN.

DA, DA. Oui! Ali! les belles choses! les belles choses !

LE MAÎTRE DE riIILOSOPlIIE.

E'F, en appuyant les dents d'en haut sur la lèvre de des-sous : FA.

MONSIEUR JOURDAIN.

FA, FA. C’est la vérité. Ah ! mon père et ma mère, que jeVous veux de mal!

LE MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.

Et l’R, en portant, le bout de la langue jusqu’au haut duPalais ; de sorte frôlée par l’air qui sort avec force,

aile lui cède, et revient toujours au même endroit, faisant'me manière de tremblement : U, RA.

MONSIEUR JOURDAIN.

R, R, RA; R, U, R, R, R, RA. Cela est vrai. Ah! 1 ha-bile homme que vous ôtes, et que j’ai perdu de temps 1 II, R,R. RA.

LE MAÎTRE DE PHILOSOPHIE.

Je vous expliquerai à fond toutes ces curiosités.

MONSIEUR JOURDAIN.

Je vous en prie. Au reste, il faut que je vous fasse uneconfidence. Je suis amoureux d'une personne de grande qua-lité, et je souhaiterais que vous m'aidassiez à lui écrire quel-