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Tome II.
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LE BOURGEOIS GENTILHOMME.

MONSIEUR JOURDAIN.

Paix! songez à ce que vous dites. Savez-vous bien, mafemme, que vous ne savez pas de qui vous parlez, quandvous parlez de lui? C’est une personne d'importance plusque vous ne pensez, un seigneur que l’on considère à lacour, et qui parle au roi tout comme je vous parle. N'est-cepas une chose qui m'est tout à fait honorable, que l’on voie,venir chez moi si souvent une personne de cetle qualité, quim’appelle son cher ami, et me Iraite comme si j’étais sonégal? Il a pour moi des bontés qu’on nedevinerait jamais ; el,devant tout le inonde, il me fait des caresses dont je suismoi-même confus.

MADAME JOURDAIN.

Oui, il a des hontes pour vous, et vous fait des caresses;mais il vous emprunte voire argent.

MONSIEUR JOURDAIN.

Eli bien! ne m’est-ce pas de l'honneur de prêter de l’ar-gent à un homme de cetle condition-là ?ct puis-je faire moinspour un seigneur qui m’appelle son cher ami?

MADAME JOURDAIN.

Et ce seigneur, ([lie fait-il pour vous?

MONSIEUR JOURDAIN.

Des choses dont on serait étonné, si on les savait.

MADAME JOURDAIN.

Et quoi ?

MONSIEUR JOURDAIN.

Basic ! je ne puis pas m’expliquer. Il suffit que si je lui aiprêté de l’argent, il me le rendra bien et avant qu’il soit peu.

MADAME JOURDAIN.

Oui; attendez-vous à cela.

MONSIEUR JOURDAIN.

Assurément. Ne me Pa-t-il pas dit ?

IU AD AME JOURDAIN.

Oui, oui ; il ne manquera pas d’y faillir.

MONSIEUR JOURDAIN.

Il m’a juré sa foi de gentilhomme.

MADAME JOURDAIN.

Chansons !

MONSIEUR JOURDAIN.

Ouais! vous êtes bien obstinée, ma femme! Je vous disqu’il me tiendra sa parole ; j’en suis sûr.

MADAME JOURDAIN.

Et moi, je suis sûre que non, cl. que toutes les caressesqu’il vous fait ne sont que pour vous enjôler.