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LE BOURGEOIS GENTILHOMME.
NICOLE.
As-tu perdu la parole, Covielle?
CLÉONTE.
Que voilà qui est scélérat !
COVIELLE.
Que cela est Judas!
LUCILE.
Je vois bien que la rencontre de tantôt a troublé votreesprit.
CLÉONTE, h Covielle.
Ah! ah! On voit ce qu’on a fait.
NICOLE.
Notre accueil de ce matin t’a fait prendre la chèvre (1).
COVIELLE, à Cléonte.
On a deviné l’enclouure.
LUCILE.
N'est-il pas vrai, Cléonte, que c’est là le sujet de votredépit ?
CLÉONTE.
Oui, perfide, ce l’est, puisqu’il faut parler; et j'ai à vousdire que vous ne triompherez pas, comme vous pensez, devotre infidélité ; que je veux être le premier à rompre avecvous, et que vous n’aurez pas l’avantage de me chasser. J'au-rai de la peine, sans doute, à vaincre l’amour que j’ai pourvous; cela me causera des chagrins, je souffrirai un temps;mais j'en viendrai à bout, et je me percerai plutôt le cœur,que d’avoir la faiblesse de retourner à vous.
COVIELLE, à Nicole.
Queussi, queumi (2).
LDCII.E.
Voilà bien du bruit pour un rien! Je veux vous dire,Cléonte, le sujet qui m’a fait ce matin éviter votre abord.
CLÉONTE, voulant s’en aller pour éviter Lucile.
Non, je ne veux rien écouter.
NICOLE, à Coviellé.
Je te veux apprendre la cause qui nous a fait passer si vite.
COVIELLE, voulant aussi s’en aller pour éviter Nicole.
Je ne veux rien entendre.
(1) Prendre la chèvre, se fâcher : cetto expression vient de ce que U chèvreest trn animal impatient et capricieux, do aorte que prendre la chèvre est commesi l’on disait, imiter la chèvre dans ses bonds, dans son emportement et dans goscaprices. (MÉN.)
(2) Expression encore en nsago parmi les villageois des environs de Paris ; ellesignifie tout de même, sans au eu tic différence. (F.)