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Tome II.
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LES FOURBERIES DE SCAPIN.

SCAPIN.

C’est ce que je lui ai (lit. J'ai rejeté bien loin de pareillespropositions, et je lui ai bien fait entendre que vous n étiez[joint une dupe, pour vous demander des cinq ou six centspisloies. Enfin, après plusieurs discours, voici où s’est ré-duit le résultat de notre conférence : Nous voilà au temps,m’a-t-il dit, .que je dois partir pour l'année ; je suis après àm'équiper, et le besoin que j’ai dé quelque argent me faitconsentir, malgré moi, à ce ([n on me propose. 11 me faut uncheval de service, et je n'en saurais avoir un qui soit tantsoit peu raisonnable à moins de soixante pistoles.

AIIGANTE.

Eh bien ! pour soixante pistoles, je les donne.

SCAPIN.

il faudra le harnoiset les pistolets; et cela ira bien à vingtpistoles encore.

AIIGANTE.

Vingt pistoles et soixante, ce serait quatre-vingts.

SCAPIN.

Justement.

AIIGANTE.

C'est beaucoup ; mais, soit, je consens à cela.

SCAPIN.

Il me faut aussi un cheval [Jour monter mon valet, qui coû-tera bien trente pistoles.

AIIGANTE.

Comment, diantre! Qu'il se promène ; il n’aura rien dutout.

SCAPIN. ,

Monsieur!...

AllG VNTE.

Non : c’est un impertinent.

SCAPIN.

Voulez-vous que son valet aille à pied.

AI1G INTE.

Qu’il aille comme il lui plaira, et le maitre aussi.

SCAPIN.

Mon Dieu, Monsieur, ne vous arrêtez point à peu de chose.N'allez [Joint plaider, je vous prie; et donnez tout, pour voussauver des mains de la justice.

AIIGANTE.

Eh bien ! soit ; je me résous à donner encore ces trente pis-toles.