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Tome II.
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ACTE II, SCENE VIII.

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SCAPIN.

H me faut encore, a-l-iJ (lit, un mulet pour porter...

AHC.ANTE.

Oh ! ^pi’il aille au diable avec son mulet 1 C’en est trop; et"nus irons devant les juges.

SCAPIN.

•'e grâce, Monsieur !...

AKGANTE.

Non, je n’en ferai rien.

SCAI'IN.

Monsieur, un pelit mulet.

AltCANTE.

Je ne lui donnerais pas seulement un Ane.

SCAPIN.

Considérez...

AMIANTE.

Non : j’aime mieux plaider.

SCAPIN.

J' '■ Monsieur, de rpioi parlez-vous là, et àquoi vous résol-vez-vous ? Jetez les yeux sur les détours de la justice. Voyezcombien d'appels et de degrésde juridiction ; combien de pro-J-értures embarrassantes ; combien d’animaux ravissants, par‘OSgriflesdesquels il vous faudra passer: sergents,procureurs,avocats, greffiers, substituts, rapporteurs, juges, et leursolercs. Il n'y a pas un de tous ces gens-là qui, pour la moin-” ri> chose, ne soit capable de donner un soufflet au meilleur,lr °it du monde. Un sergent baillera de faux exploits, sur quoivous serez condamné sans que vous le sachiez. Votre procu-rer s'entendra avec votre partie, e.t vous vendra à beauxdeniers comptants. Votre avocat, gagné de même, ne se trou-vera point, lorsqu'on plaidera votre cause, ou dira des raisons<[ui ne feront que battre la campagne, et n'iront point au fait.L, ‘ greffier délivrera par contumace des sentences et arrêtscontre vous. Le clerc du rapporteur soustraira des pièces, ouj e rapporteur même ne dira pas ce qu'il a vu ; et quand, pare ® Idus grandes précautions du monde, vous aurez paré toutcela, vous serez ébahi que vos juges auront été sollicités con-tre vous, ou par des gens dévots, ou par des femmes qu’ilsaimeront. Eli ! 'Monsieur, si vous le pouvez, sauvez-vous deccd enfer-là. C'est être damné dès ce monde que d’avoir àplaider; et la seule pensée d’un procès serait capable de mefaire fuir jusqu’aux Indes.

AMIANTE.

A combien est-ce qu'il fait monter le mulet?