4(56
LES FOURBERIES UE SCAPIN.
scapin.
Oui, Monsieur; et, <le plus, il ne m'a donné pour cela quedeux heures.
GÉRONTE.
Ah! le pendard de Turc! m'assassiner de la façon!
SCAPIN.
C'est à vous, Monsieur, d'aviser promptement aux moyensde sauver des fers un fils (pie vous aimez avec tant de ten-dresse.
GKIIONTE.
Que diable allait-il faire dans cetle galère?
SCAPIN.
Il ne songeait pas à ce qui est arrivé.
GÉRONTE.
Va-t'en, Scapin, va-t’en vile dire à ce Turc que je vais en-voyer la justice après lui.
SCAPIN.
La justice en pleine mer! Vous moquez-vous des gens.
GlillONTE.
Que diable allait-il faire dans cette galère?
SCAPIN.
Une méchante destinée conduit quelquefois les personnes.
GlillONTE.
Il faut, Scapin, il faut que lu fasses ici l’action d’un ser-viteur iidèle.
SCAPIN.
Quoi, Monsieur?
GKIIONTE.
Que tu ailles dire à ce Turc qu'il me renvoie mon fils, etque lu te mettes à sa place jusqu'à ce que j'aie amassé lasomme qu'il demande.
SCAPIN.
. Eh! Monsieur, songez-vous à ce que vous dites? et vousfigurez-vous que ce Turc ait si peu de sens que d’aller rece-voir un misérable comme moi à la place de votre iils?
GÉRONTE.
Que diable allait-il faire dans cette galère ?
SCAPIN.
11 ne devinait pas ce malheur. Songez, Monsieur, qu'il nem a donné que deux heures.
GÉRONTE.
Tu dis qu'il demande...
SCAPIN.
Cinq cents éciis.