Band 
Tome II.
Seite
493
JPEG-Download
 

SCÈNE II.

49S

SCÈNE II.

LA COMTESSE , JULIE , ANDRÉE et CRIQUET, dans le

fond du théâtre.

LA COMTESSE.

Ah! mon Dieu! Madame, vous voilà toule seule? Quellepitié est-ce là? Toute seule! Il me semble que mes gensm’avaient dit que le vicomte était ici.

JULIE.

11 est vrai qu'il y est venu; mais c’est assez pour lui desavoir que vous n’y étiez pas, pour l’obliger à sortir.

I.A COMTESSE.

Comment ! il vous a vue?

JULIE.

Oui.

I.A COMTESSE.

Et il ne vous a rien dit?

JULIE.

Non, Madame ; et il a voulu témoigner par là qu’il est toutentier à vos charmes.

LA COMTESSE.

Vraiment, je le veux quereller de cette action. Quelqueamour que l’on ait pour moi, j’aime que ceux qui m’aimentrendent ce qu'ils doivent au sexe; et je ne suis point de l'hu-meur de ces femmes injustes qui s’applaudissent des incivi-lités que leurs amants font aux autres belles.

JULIE.

11 ne faut point, Madame, que vous soyez surprise de sonprocédé. L’amour que vous lui donnez éclate dans toutes sesactions, et l’empéche d'avoir des yeux que pour vous.

LA COMTESSE.

Je crois être en état de pouvoir faire nailre une passionassez forte, et je me trouve pour cela assez de beauté, dejeunesse et de qualité, Dieu merci ; mais cela n’empêche pasqu'avec ce que j’inspire, on ne puisse garder de l'honnêtetéet de la complaisance pourles autres. (Apercevant Criquet.) Quefaites-vous donelà, laquais? Est-c^e qu’il n'y a pas une anti-chambre où se tenir, pour venir quand on vous appelle?Cela est étrange, qu’on ne puisse avoir en province un la-quais qui sache son monde ! A qui est-ce donc que je parle ?Voulez-vous vous en aller là dehors, petit fripon?