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Tome II.
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492
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492 LA COMTESSE D’ESCARBAGNAS.

De me forcer & tftlro nn tourment que j’endure,

Four déclarer un mol que jo no ressens pas.

Fnut-11 que vos beaux yeux, ii qui je rends les armes,

Veuillent se divertir de mes tristes soupirs ?

Et n’est-ce pas assez de souffrir pour vos charmes,

"Sans me faire souffrir encor pour vos plaisirs ?

C’en est trop à la fois qnc ce double martyre ;

Et ce qu’il me faut taire , et ce qu’il me faut dire,

Exerce sur mon cœur pareille cruauté.

L’amour le met en feu, la contrainte le tue ;

Et, si par la pitié vous n’Otcs combattue,

Je meurs et de la feiuto et de la vérité-

JULIE.

Je vois que vous vous faites là bien plus maltraité que von»n’êtes; mais c'est une licence que prennent messieurs lespoètes, de mentir de gaieté de cœur, et de donner à leursmaîtresses des cruautés qu’elles n’ont pas, pour s’accommo-der aux pensées qui leur peuvent venir. Cependant je seraibien aise que vous me donniez ces vers par écrit.

LE VICOMTE.

C’est assez de vous les avoir dits, et je dois en demeurerlà. Il est permis d'être parfois assez fou pour faire des vers,mais non pour vouloir qu'ils soient vus.

JULIE.

C'est en vain que vous vous retranchez sur une faussemode,lie : on sait dans le monde que vous avez de l’esprit;et je ne vois pas la, raison qui vous oblige à cacher les vôtres.

LE VICOMTE.

Mon Dieu! Madame, marchons là-dessus, s'il vous plaît,avec beaucoup de retenue ; il est dangereux dans le mondede se mêler d’avoir de l’esprit. Il y a là-dedans un certainridicule qu’il est facile d’attraper, et nous avons de nos amisqui me font craindre leur exemple.

JULIE.

Mon Dieu ! Cléante, vous avez beau dire ; je vois avec toutcela que vous mourez d’envie de me les donner; et je vousembarrasserais, si je faisais semblant de ne m’eu pas soucier.

LE VICOMTE,

Moi! Madame; vous vous moquez; et je ne suis pas sipoète que vous pourriez bien croire, pour... Mais voici votremadame la comtesse d’Escarbagnas. Je sors par l'autre portepour ne la point trouver, et vais disposer tout mon mondeau divertissement que je vous ai promis.