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Tome II.
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510 LA COMTESSE D’ESCAKBAGNAS.

sorte; et l'on vient doucement se plaindre à la personne quel'on aime.

MONSIEUR HAIIPIN.

Moi, me plaindre doucement !

LA COMTESSE.

Oui. L’on ne vient point crier de dessus un théâtre ce quidoit se dire en particulier.

MONSIEUR IIARPIN.

J’y viens, moi, morbleu! tout exprès; c’est le lieu qu’il incfaut; et je souhaiterais que ce filt un théâtre public, pourvous dire avec plus d’éclat toutes vos vérités.

LA COMTESSE.

Faut-il faire un si grand vacarme pour une comédie quemonsieur le vicomte me donne ! Vous voyez que monsieurTibaudier, qui m’aime, en use plus respectueusement quevous.

MONSIEUR HAIIPIN.

Monsieur Tibaudier en use comme il lui plaît ; je ne saispas de quelle façon monsieur Tibaudier a été avec vous ; maismonsieur Tibaudier n’est pas un exemple pour moi, et je nesuis point d'humeur à payer les violons pour faire danser lesautres.

LA COMTESSE.

Mais vraiment, Monsieur le receveur, vous ne songez pasà ce que vous dites. On ne traite point de la sorte les femmesde qualité; et ceux qui vous entendent croiraient qu’il y aquelque chose d'étrange entre vous et moi.

MONSIEUR IIARPIN.

lié ! ventrebleu ! Madame, quittons la faribole.

LA COMTESSE.

Que voulez-vous donc dire avec votre Quittons la faribole ?

MONSIEUR IIARPIN.

Je veux dire que je né trouve point étrange que vous vousrendiez au mérite de Monsieur le vicomte ; vous n’êtes pasla première femme qui joue dans le monde de ces sortes decaractères, et qui ait auprès d’elle un Monsieur le receveur,dont on lui voit trahir et la passion et la bourse pour le pre-mier venu qui lui donnera dans la vue. Mais ne trouvez pointétrange aussi que je ne sois point la dupe d’une infidélité siordinaire aux coquettes du temps, et que je vienne vous as-surer, devant bonne compagnie, que je romps commerceavec vous, et que Monsieur le receveur ne sera plus pourvous Monsieur le donneur.