ACTE I, SCÈNE II. 517
Il nous est bien aisé de nous en éclaircir :
Je l'aperçois qui vient ; et, sur cette matière,
Il pourra nous donner une pleine lumière.
SCÈNE IL
CLITANDRE, AltMANDE, HENRIETTE.iiknmette.
Pour me tirer d’un doute où me jette ma sœur,
Entre elle et moi, Clitandre, expliquez votre cœur ;Découvrez-en le fond, et nous daignez apprendreQui de nous à vos vœux est en droit de prétendre.
ARM,INDE.
Non, non, je ne veux point à votre passionImposer la rigueur d’une explication :
Je ménage les gens, et sais comme embarrasseLe contraignant effort de ces aveux en face.
CLITANDRE.
Non, Madame, mon cœur, qui dissimule peu,
Ne sent nulle contrainte à faire un libre aveu.
Dans aucun embarras un tel pas ne me jette;
Et j'avouerai tout haut, d'une âme franche et nette,
Que les tendres liens où je suis arrêté,
(Montrant Henriette.)
Mon amour et mes vœux, sont tout de ce côté.
Qu'à nulle émotion cet aveu 11 e vous porte ;
Vous avez bien voulu les choses de la sorte.
Vos attraits m'avaient pris, et mes tendres soupirsVous ont assez prouvé l'ardeur de mes désirs ;
Mon cœur vous consacrait, une flamme immortelle :
Mais vos yeux n’ont pas cru leur conquête assez belle.
J'ai souffert sous leur joug cent mépris différents;
Ils régnaient sur mon Ame en superbes tyrans;
Et je me suis cherché, lassé de tant de peines,
Des vainqueurs plus humains, et de moins rudes chaînes.(Montrant Henriette.)
Je les ai rencontrés, Madame, dans ces yeux,
Et leurs traits à jamais me seront précieux ;
D'un regard pitoyable ils ont séché mes larmes,
Et n’ont pas dédaigné le rebut de vos charmes.
De si rares bontés m’ont si bien su toucher,
Qu’il n'est rien qui me puisse à mes fers arracher;
Et j’ose maintenant vous conjurer, Madame,