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LES FEMMES SAVANTES.
C1I1USALE.
Est-ce qu’elle a laissé, d'un esprit négligent,Dérober quelque aiguière ou quelque plat d'argent?
PHILAMINTE.
Cela ne serait rien.
ClIHYSALE, à Martine.
Oh! oh! peste, la belle!
(a philaminte.)
Quoi! l’avez-vous surprise à n’être pas fidèle?
PHILAMINTE.
C’est pis que tout cela.
CÏ1RYSALE.
Pis que tout cela?
PIIILAMINTE.
Pis.
ClIHYSALE.
(a Martine.)' (A Philaminte.)
Comment! diantre, friponne! Euh! a-t-elle commis...?
PHILAMINTE.
Elle a, d’une insolence à nulle autre pareille,
Après trente leçons, insulté mon oreille,
Par l’impropriété d’un mot sauvage et bas,
Qu’en termes décisifs condamne Vaugelas.
ClIHYSALE.
Est-ce là...?
PHILAMINTE.
Quoi ! toujours, malgré nos remontrancesHeurter le fondement de toutes les sciences,
La grammaire, qui sait régenter jusqu’aux rois,
Et les fait, la main haute, obéir à ses lois !
ClIHYSALE.
Du plus grand des forfaits je la croyais coupable.
PHILAMINTE.
Quoi! vous ne trouvez pas ce crime impardonnable?
ClIHYSALE.
Si fait.
PHILAMINTE.
Je voudrais bien que vous l’excusassiez,
ClIHYSALE.
Je n’ai garde.
BÉLISE.
Il est vrai que ce sont des pitiés.Toute construction est par elle détruite ;
Et des lois du langage on l'a cent fois instruite.
MARTINE.
Tout ce que vous prêchez est, je crois, bel et bon ;