ACTE II, SCÈNE VII. 533
J
Et les moindres défauts de ce grossier génieSont ou le pléonasme, ou la cacophonie.
CIIRÏSAI.E.
Qu'importe quelle manque aux lois de Vaugelas,
Pourvu qu’à la cuisine elle ne manque pas?
Jaune bien mieux, pour moi, qu’en épluchant ses herbesElle accommode mal les noms avec les verbes,
Et redise cent fois un bas et méchant mot,
Que de brûler ma viande ou saler trop mon pot.
Je vis de bonne soupe, et non de beau langage.
Vaugelas n’apprend point à bien faire un polage ;
Et Malherbe et Balzac, si savants en beaux mots,
En cuisine peut-être auraient été des sots.
PIIILAMINTE.
Que ce discours grossier terriblement assomme,
El quelle indignité, pour ce qui s’appelle homme,
D'être baissé sans cesse aux soins matériels,
Au lieu de se hausser vers les spirituels !
Le corps, cette guenille, est-il d’une importance,
D'un prix à mériter seulement qu'on y pense?
Et ne devons-nous pas laisser cela bien loin?
ClIRYSALE.
Oui, mon corps est moi-même, et j’en veux prendre soin :Guenille, si l'on veut ; ma guenille m’est chère.
iieuse.
Le corps avec l’esprit fait figure, mon frère ;
Mais, si vous en croyez tout le monde savant,
L’esprit doit sur le corps prendre le pas devant;
Et notre plus grand soin, notre première Instance,
Doit être à le nourrir du suc de la science.
ClIRYSALE.
Ma foi, si vous songez à nourrir votre esprit,
C’est de viande bien creuse, à ce que chacun dit ;
Et vous n’avez nul soin, nulle sollicitude,
Pour...
rlIILAMINTE.
Ah! sollicitude à mon oreille est rude;
Il pue étrangement son ancienneté.
RÉUSE.
Il est vrai que le mot est bien collet monté.
CHRYSALE.
Voulez-vous que je dise? il faut qti'etifin j'éclate,
Que je lève le masque, et décharge ma rate.
De folles on vous traite, et j ai fort sur le cœur...
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