Band 
Tome II.
Seite
534
JPEG-Download
 

534

LES FEMMES SAVANTES,

I'HILAMINTI!.

Comment donc?

CUllYSALli, îl Bilisc,

C’est à vous ([ne je parle, ma sœur.Le moindre solécisme en parlant vous irrite;

Mais vous en faites, vous, d'étranges en conduite.

Vos livres éternels ne me contentent pas;

Et, hors un gros Plutarque à mettre mes rabats,

Vous devriez briller tout ce meuble inutile,

Et laisser la science aux docteurs de la ville;

M iller, pour faire bien, du grenier de céans,

Cette longue lunette à faire peur aux gens,

Et cent brimborions dont l’aspect importune;

Ne point aller chercher ce qu'on fait dans la lune,

Et. vous mêler un peu de ce qu’on fait chez vous,

Où nous voyons aller tout sens dessus dessous.

11 n’est pas bien honnête, et pour beaucoup de causes,Qu’une femme étudie et sache tant de choses.

Former aux bonnes mœurs 1 esprit de ses enfants,Faire aller son ménage, avoir l’œil sur ses gens,

Et régler la dépense avec économie.

Doit être son étude et sa philosophie.

Nos pères, sur ce. point, étaient gens bien sensés,

Qui disaient qu’une femme en sait toujours assez,Quand la capacité de son esprit se hausseA connaître un pourpoint d’avec un haut-de-chausse.Les leurs ne lisaient point, mais elles vivaient bien;Leurs ménages étaient tout leur docte entretien ;

Et. leurs livres, un dé, du fil et des aiguilles,

Dont elles travaillaient, an trousseau de leurs filles.

Les femmes d’à présent sont bien loin de ces mœurs :Elles veulent écrire et devenir auteurs.

Nulle science n’est, pour elles trop profonde,

Et céans beaucoup [dus qu’en aucun lieu du monde :Les secrets les plus liants s’y laissent concevoir;

Et l’on sait tout chez moi, hors ce qu’il faut savoir.

On y sait comme vont lune, étoile polaire,

Vénus, Saturne et Mars, dont je n'ai point affaire;

Et dans ce vain savoir, qu'on va chercher si loin,

On ne sait comme va mon pot, dont j’ai besoin.

Mes gens la science aspirent pour vous plaire,

Et tous ne font rien moins que ce qu’ils ont à faire,itaisonner est l’emploi de toute ma maison,

Et le raisonnement en bannit la raison...!