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LES FEMMES SAVANTES.
Que sur eux l’univers a la vue attachée;
Que partout (le leur nom la gloire est épanchée;
Et qu'eu science ils sont des prodiges fameux,
Pour savoir ce qu'ont dit les autres avant eux,
Pour avoir eu trente ans des yeux et des oreilles,
Pour avoir employé neuf ou dix mille veillesA se bien barbouiller de grec et de latin,
Et se charger l'esprit d'un ténébreux butinDe tous les vieux fatras qui traînent dans les livres.
Gens qui de leur savoir paraissent toujours ivres;ltiches, pour tout mérite,, en babil importun;
Inhabiles à tout, vides de sens commun,
Et pleins d'un ridicule et d’une impertinenceA décrier partout l'esprit et la science.
PIIILAMINTE.
Voire chaleur est grande; et cet emportementDe la nature en vous marque le mouvement.
C'est le nom de rival qui dans votre Ame excite...
SCÈNE IV.
TRLSSOTIN, PIIILAMINTE, CL1TANDRE, ARMANDE,JULIEN.
JULIEN.
Le savant qui tantôt vous a rendu visite,
Et de qui j’ai l'honneur d'être l'humble valet,
Madame, vous exhorte à lire ce billet.
PIIILAMINTE.
Quelque important que soit ce qu’on veut que je lise,Apprenez, mon ami, que c’est une sottiseDe se venir jeter au travers d’un discours ;
Et qu’aux gens d’un logis il faut avoir recours,
Afin de s’introduire en valet qui sait vivre.
JULIEN.
Je noterai cela, Madame, dans mon livre.
PIIILAMINTE, lit :
« Trissotin s’est vanté, Madame, qu'il épouserait votre« fille. Je vous donne avis que sa philosophie n’en veut qu’àn vos richesses, et que vous ferez bien de ne point conclure« ce mariage, que vous n’ayez vu le poème que je compose« contre lui. En attendant cette peinture, où je prétends vous« le dépeindre de toutes ses couleurs, je vous envoie Horace,« Virgile, Térence, et Catulle, où vous verrez notés eu marge« tous les endroits qu’il a pillés. »