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LES FEMMES SAVANTES.
Pourvu que je vous aie, il n’importe comment.
HENRIETTE.
Mais savez-vous qu'on risque un peu plus qu'on ne pense,A vouloir sur un cœur user de violence;
Qu’il ne fait pas bien sur, à vous le trancher net,D'épouser une fille en dépit quelle eu ait ;
Et qu elle peut aller, en se voyant contraindre,
A des ressentiments que le mari doit craindre?
TRISSOTIN.
Un tel discours n'a rien dont je sois altéré :
A tous événements le sage est préparé.
Guéri, par la raison, des faiblesses vulgaires,
Il se met au-dessus de ces sortes d’alfaires,
Et n’a garde de prendre aucune ombre d'ennuiDe tout ce qui n’est pas pour dépendre de lui.
HENRIETTE.
En vérité, Monsieur, je suis de vous ravie;
Et je ne pensais pas que la philosophie
FiU si belle qu’elle est, (l’instruire ainsi les gens
A porter constamment de pareils accidents.
Cette fermeté d’àme, à vous si singulière,
Mérite qu’on lui donne une illustre matière,
Est digne de trouver qui prenne avec amourLes soins continuels de la mettre en son jour;
Et comme, à dire vrai, je n’oserais me croireBien propre à lui donner tout l’éclat de sa gloire,
Je le laisse à quelque autre, et vous jure, entre nousQue je renonce au bien de vous voir mon époux.
TltlSSOTIN, en sortant.
Nous allons voir bientôt comment ira l'affaire ;
Et l’on a là-dedans fait venir le notaire.
SCÈNE II.
CIIRYSALE, CLITANDRE, HENRIETTE, MARTINE.
CHRVSJLE.
Ah ! ma fille, je suis bien aise de vous voir ;
Allons, venez-vous-en faire votre devoir,
Et soumettre vos vœux aux volontés d’un père.
Je veux, je veux apprendre A vivre à votre mère ;
Et, pour mieux 1a braver, voilà malgré ses dents,
Martine que j’amène et rétablis céans, ,