Band 
Tome II.
Seite
576
JPEG-Download
 

b76

LES FEMMES SAVANTES.

CHRYSALE.

Faites, faites, Monsieur, les choses à ma lôte.

. I.E NOTAIRE.

Dites-moi donc à qui j'obéirai des deux.

I’HILAMINTE, à Chrysale.

Quoi donc? Vous combattrez les choses que je yeux

GHllïSAI.E.

Je ne saurais souffrir qu'on ne cherche ma filleQue pour l'amour du bien qu'on voit dans ma famille,

l’IHLAMINTE.

Vraiment, à votre bien on songe bien ici?

Et c’est là, pour un sage, un fort digue souci ?

chrysale.

Enfin, pour son époux, j'ai fait choix de Clitandre.rnii, viminte.

(Montrant Trissotin.)

Et moi, pour son époux, voici qui je veux prendre.Mon choix sera suivi; c'est un point résolu.

chrysale.

Ouais! Vous le prenez là d’un ton bien absolu!

MARTINE.

Ce n'est point à la femme à prescrire, et je sommesPour céder le dessus en toute chose aux hommes.

CHRYSALE.

C'est bien dit.

MARTINE.

Mon congé cent fois me fût-il hoc (1),La poule ne doit point chanter devant le coq.

CHRYSALE.

Sans doute.

MARTINE.

Et nous voyons que d'un homme on se gausse,Quand sa femme chez lui, porte le haut-de-chausse.

Il est vrai.

CHRYSALE.

MARTINE.

Si j'avais un mari, je le dis,

Je voudrais qu'il se fit le maître du logis;

(1) Me fût-il hoc, c'est-à-dire me fût-il assuré. Cette expression provorblnlovient du hoc, jou do cartes, qu’on appelle ainsi parce qu’il y a six cartes qui sonthoc, c’est-à-dire assurées à celui qui les joue. (MÉtf.) Ce jeu fut apporté parMazarin en Franco, et devint tellement à la modo qu'il donna \in proverbe à lalangue. Le sens do co proverbe est qu'nno femme no doit prendre la parolo quelorsque son mari a parlé. (Dict. des ProverbesJ