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Tome II.
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LES FEMMES SAVANTES.

PIIILAMINTE.

Je vois, je vois de vous, non pas pour votre gloire,

Ce que jusque» ici j’ai refusé de croire.

TRISSOTIN.

Vous pouvez voir de moi tout ce que vous voudrez,

Et je regarde peu comment vous le prendrez :

Mais je ne suis pas homme à souffrir l’infamieDes refus offensants qu’il faut qu’ici j’essuie.

Je vaux bien que de moi l’on fasse plus de cas ;

Et je baise les mains à qui ne me veut pas.

SCÈNE Y.

ARISTE, CIIRYSALE, PIIILAMINTE, BÉLISE, ARMANDE,HENRIETTE, CL1TANDRE, UN notaire, MARTINE.

riIILAMlNTE.

Qu'il a bien découvert son âme mercenaire!

El que peu philosophe est ce qu’il vient de faire?

CLITANORE.

Je ne me vante point de l’être; mais enfinJe m’attache, Madame, à tout votre destin ;

Et j’ose vous offrir, avecque ma personne,

Ce qu'on sait que de bien la fortune me donne.

PIIILAMINTE.

Vous me charmez, Monsieur, par ce trait généreux,

Et je veux couronner vos désirs amoureux.

Oui, j’accorde Henriette à l’ardeur empressée...

HENRIETTE.

Non, ma mère : je change à présent de pensée.

Souffrez que je résiste à votre volonté.

CLITANORE.

Quoi! vous vous opposez à ma félicité?

Et, lorsqu’à mon amour je vois chacun se rendre...

HENRIETTE.

Je sais le peu de bien que vous avez, Clitandre,

Et je vous ai toujours souhaité pour époux,

Lorsqu’en satisfaisant à mes vœux les plus doux,

J’ai vu que mon hymen ajustait vos affaires ;

Mais, lorsque nous avons les destins si contraires,

Je vous chéris assez, dans cette extrémité,

Pour ne vous charger point de notre adversité.

CLITANDRE.

Tout destin, avec vous me peut être agréable;

Tout destin me serait, sans vous, insupportable.