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Tome II.
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ACTE V, SCÈNE IV.

IMIII.AMINTE, à Chrysalc.

Vous vous troublez beaucoup !

Mou cœur n est point du tout ébranlé de ce coup.

Faites, faites paraître une âme moins communeA braver, comme moi, les traits de la fortune.

« Le pen de soin que vous avez vous coûte quarante mille« écus, et c’est à payer cette somme, avec les dépens, que« vous êtes condamnée par arrêt de la cour. »

Condamnée? Ah! ce mot est choquant, et n’est faitQue pour les criminels.

AKISTE.

Il a tort, en effet ;

Et vous vous êtes là justement récriée.

Il devait avoir mis que vous êtes priée,

Par arrêt de la cour, de payer au plus tôt,

Quarante mille écus, et les dépens qu’il faut.

l’IllLAMINTE.

Voyez l’autre.

CUHYSALE.

« Monsieur, l’amitié qui me lie à monsieur votre frère me.« fait prendre intérêt à tout ce qui vous touche. Je sais que« vous avez rnis votre bien entre les mains d’Argante et de« Damon ; et je vous donne avis qu'en même jour ils ont fait« tous deux banqueroute. »

O ciel ! tout à la fois perdre ainsi tout mon bien !PHILAMINTE, h Chrysalc.

Ah! quel honteux transport! Fi! tout cela n’est rien.

11 n’est pour le vrai sage aucun revers funeste;

Et, perdant toute chose, à soi-même il se reste.

Achevons notre affaire, et quittez votre ennui.

(Montrant Trissotin.)

Son bien nous peut suffire et pour nous et pour lui.tmssotin .

Non, Madame, cessez de presser celle affaire.

Je vois qu'à cet hymen tout le monde est contraire;

Et mon dessein n'est point de contraindre, les gens.

l'IlH.AMlNTK.

Cette réflexion vous vient en peu de temps ;

Elle suit de bien près, Monsieur, notre disgrâce.

TKISSOTIN.

De tant de résistance à la fin je me lasse.

J'aime mieux renoncer à tout cet embarras,

El ne veux point d'un cœur qui ne se donne pas.