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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LE MENTE Eli,

ACTE IV, SCÈNE I.

eriandre est le nom de monsieur votre père;es t homme de robe, adroit et retenu ;

mille écus de rente en font le revenu ;

V

Y

°"s perdîtes un frère aux guerres d’Italie;

°us aviez une sœur qui s’appelait .lulie.

V °tis eonnais-je à présent ? dites encor que non.

CLARICE, bas, à Lucrèce

Eltsine, il te connaît, et t’en veut tout de bon.

LUCRÈCE, enellc-mcme.

à Dieu!

CLARICE, bas, à Lucrèce.

Découvrons le fond de l’artifice.

(à Doranle.)

a ' ais voulu tantôt vous parler de Clarice,Quelqu'un de vos amis m’en est venu prier,des-nioi, seriez-vous pour elle à marier?

p DORANTE.

ar cette question n’éprouvez plus ma flamme.

' ous ai trop fait voir jusqu’au fond de mon âme,. 'ous ne pouvez plus désormais ignorerj 1 * 16 j’ai feint cet hymen afin de m’en parer.j, e n’ai n i f eux n i vœux que pour votre service,

■' *'e puis plus avoir que mépris pour Clarice.

CLARICE.

Cl;

° lls êtes, à vrai dire, un peu bien dégoûté :j ,. ai 'h‘e est ( | e nl ai SO n, et n’est pas sans beauté;j l Lucrèce à vos yeux paraît un peu plus belle,e bien mieux faits que vous se contenteraient

0 ,

ui.

Quel :

DORANTE. [d’elle.

mais un grand défaut ternit tous ses appas.

CLARICE.

est-il ce défaut ?

DORANTE.

j. Elle ne me plaît pas ;

j Wutôt que l’hymen avec elle me lie,

Sei ’ai marié si l’on veut en Turquie.

^ CLARICE.

y J° u rd’bui cependant on m’a dit qu’en plein jour° üs lui serriez la main, et lui parliez d’amour.

DORANTE.

11 un auprès de vous m’a fait cette imposture,ï' CLARICE, bas, à Lucrèce-

utez l’imposteur ; c’est hasard s’il n’en jure.

Qu,

Q^lq,

6 d u ciel...

DORANTE.

CLARICE, bas, à Lucrèce-

L’ai-je dit?

Que souvent je m’égaye ainsi par raillerie,

Et que, pour me donner des passe-temps si doux,J’ai donné cette baie à bien d autres qu’à vous.

SCÈNE VI.

DORANTE, CLITON.

CLITON.

Eli bien! vous le voyez, l’histoire est découverte.

DORANTE.

Ab ! Cliton! je me trouve à deux doigts de ma perte.

CLITON.

Vous en avez sans doute un plus heureux succès,Et vous avez gagné chez elle un grand accès.

Niais je suis ce fâcheux qui nuis par ma présence,Et vous fais sous ces mots être d’intelligence.

DORANTE.

Peut-être : qu’en crois-tu ?

CLITON.

Le peut-être est gaillard.

DORANTE.

Penses-tu qu’après tout j’en quitte encor ma part,Et tienne tout perdu pour un peu de traverse ?

CLITON.

Si jamais cette part tombait dans le commerce,

Et qu’il vous vînt marchand pour ce trésor caché,Je vous conseillerais d’en faire bon marché.

DORANTE.

Mais pourquoi si peu croire un feu si véritable?

CLITON.

A chaque bout de champ vous mentez comme undorante. [diable.

Je disais vérité.

CLITON.

Quand un menteur la dit,

En passant par sa bouche elle perd son crédit.

DORANTE.

Il faut donc essayer si par quelque autre boucheElle pourra trouver un accueil'moins farouche.Allons sur le chevet rêver quelque moyenD’avoir de l’incrédule un plus doux entretien.Souvent leur belle humeur suit le cours de la lune ;Telle rend des mépris qui veut qu’on l’importune ;Et de quelques effets que les siens soient suivis,Il sera demain jour, et la nuit porte avis.

DORANTE.

Si j. . J’éprouve le courroux

J 31 Parlé, Lucrèce, à personne qu’à vous !

,T e CLARICE.

P u >s plus souffrir une telle impudence,Y 0(1 * S Ce fine j’ai vu moi-même en ma présence :Co, c °uchez d’imposture, et vous osez jurer,4jj lle si je pouvais vous croire, ou l’endurer?

: r etirez-vous, et croyez, je vous prie.

ACTE QUATRIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

DORANTE, CLITON.

cliton. [crèce?

Mais, monsieur, pensez-vous qu’il soit jour chez Lu-