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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LE MENTEUR, ACTE IV, SCÈNE IV.

ALCIPPE.

'I e n’ai de part ni d’autre aucune défiance :Excuse d'un amant la juste impatience.

Adieu.

DOUANTE.

Le ciel te donne un hymen sans souci !

SCÈNE III.

CLITON.

Vous auriez bien besoin de dix des mieux nourries,Pour fournir tour à tour à tant de menteries ;Vous les bâcliez menu comme chair à pâtés.

Vous avez tout le corps bien plein de vérités,

Il n’en sort jamais une.

DORANTE.

Ah, cervelle ignorante!Mais mon père survient.

DORANTE, CLITON.

SCÈNE IV.

CLÏTON.

1 estmort ! Quoi ! monsieur, vous m’en donnez aussi,A moi, <j e votre cœur l’unique secrétaire,

A moi, de vos secrets le grand dépositaire !

A Vec ces qualités j’avais lieu d’espérerd’assez malaisément je pourrais m’en parer.

DORANTE.

^ Uo * ! mon combat te semble un conte imaginaire ?

CLITON.

' croirai tout, monsieur, pour ne vous pas déplaire;a js vous en contez tant, à toute heure, en tous lieux,>1 faut bien de l’esprit avec vous, et bons yeux.aur e,juif,ou chrétien, vous n’épargnez personne.

DORANTE.

v , c >Ppe te surprend ! sa guérison t’étonne !

état où je le mis était fort périlleux ;yis il est à présent des secrets merveilleux :e t’a-t-on point parlé d’une source de vie

^ Ue nomment nos guerriers poudre de sympathie ?11 e n voit tous les jours des effets étonnants.

Encor

CLITON.

j,-,.." ne sont-ils pas du tout si surprenants ;

n’ai point appris qu’elle eût tant d’efficace,q (| , Uu * 10 mme que pour mort on laisse sur la place,$o' ° n a deux grands coups percé de part en part,d dès le lendemain si frais et si gaillard.

t-a,

DORANTE.

P°udre que tu dis n’est que de la commune,Q u n e n fait plus de cas; mais, Cliton, j’en sais uneAppelle si tôt des portes du trépas [pas ;q ei ‘ moins d’un tourne-main on ne s’en souvientlc onqu e la sait faire a de grands avantages.

I ) 0 CLITON.

ill( ‘z-m’en le secret, et je vous sers sans gages.

te le

DORANTE.

donnerais, et tu serais heureux;

’*ais 1

Qui 6 seci ’ et consiste en quelques mots hébreux,Q üe tous à prononcer sont si fort difficiles,

Ce serait pour toi des trésors inutiles.

V üu CLITON.

s savez donc l’hébreu ?

DORANTE.

I/hébreu ! parfaitement :

ai,]

IX

migues, Cliton, a mon commandement.

GÉRONTE, DORANTE, CLITON.

CÉRONTE.

.Te vous cherchais, Dorante.DORANTE, A part.

Je ne vous cherchais pas, moi. Que mal à proposSon abord importun vient troubler mon repos !

Et qu’un père incommode un homme de mon âge!

GÉRONTE.

Vu l’étroite union que fait le mariage,

J’estime qu’en effet c’est n’y consentir point,

Que laisser désunis ceux que le ciel a joint.

La raison le défend, et je sens dans mon âmeUn violent désir de voir ici ta femme.

J’écris donc à son père ; écris-lui comme moi :Je lui mande qu’après ce que j’ai su de toi,

Je me tiens trop heureux qu’une si belle fille,

Si sage, et si bien née, entre dans ma famille.J’ajoute à ce discours que je brûle de voirCelle qui de mes ans devient l’unique espoir;

Que pour me l’amener tu t’en vas en personne ;Car enfin il le faut, et le devoir l’ordonne :N’envover qu’un valet sentirait son mépris

DORANTE.

De vos civilités il sera bien surpris,

Et pour moi je suis prêt; mais je perdrai ma peine :Il ne souffrira pas encor qu’on vous l’amène ;

Elle est grosse.

GÉRONTE.

Elle est grosse !

DORANTE.

Et de plus de six mois.

GÉRONTE.

Que de ravissements je sens à cette fois!

DORANTE.

Vous ne voudriez pas hasarder sa grossesse.

GÉRONTE.

Non, j’aurai patience autant que d’allégresse ;Pour hasarder ce gage il m’est trop précieux.

A ce coup ma prière a pénétré les deux.

Je pense en le voyant que je mourrai de joie.

Adieu : je vais changer la lettre que j’envoie,En écrire à son père un nouveau compliment,

Le prier d’avoir soin de son accouchement,