175
LE MENTEUR, ACTE IV, SCÈNE IV.
ALCIPPE.
'I e n’ai de part ni d’autre aucune défiance :Excuse d'un amant la juste impatience.
Adieu.
DOUANTE.
Le ciel te donne un hymen sans souci !
SCÈNE III.
CLITON.
Vous auriez bien besoin de dix des mieux nourries,Pour fournir tour à tour à tant de menteries ;Vous les bâcliez menu comme chair à pâtés.
Vous avez tout le corps bien plein de vérités,
Il n’en sort jamais une.
DORANTE.
Ah, cervelle ignorante!Mais mon père survient.
DORANTE, CLITON.
SCÈNE IV.
CLÏTON.
1 estmort ! Quoi ! monsieur, vous m’en donnez aussi,A moi, <j e votre cœur l’unique secrétaire,
A moi, de vos secrets le grand dépositaire !
A Vec ces qualités j’avais lieu d’espérerd’assez malaisément je pourrais m’en parer.
DORANTE.
^ Uo * ! mon combat te semble un conte imaginaire ?
CLITON.
' croirai tout, monsieur, pour ne vous pas déplaire;a js vous en contez tant, à toute heure, en tous lieux,>1 faut bien de l’esprit avec vous, et bons yeux.aur e,juif,ou chrétien, vous n’épargnez personne.
DORANTE.
v , c >Ppe te surprend ! sa guérison t’étonne !
état où je le mis était fort périlleux ;yis il est à présent des secrets merveilleux :e t’a-t-on point parlé d’une source de vie
^ Ue nomment nos guerriers poudre de sympathie ?11 e n voit tous les jours des effets étonnants.
Encor
CLITON.
j,-,.." ne sont-ils pas du tout si surprenants ;
n’ai point appris qu’elle eût tant d’efficace,q (| , Uu * 10 mme que pour mort on laisse sur la place,$o' ° n a deux grands coups percé de part en part,d dès le lendemain si frais et si gaillard.
t-a,
DORANTE.
P°udre que tu dis n’est que de la commune,Q u n e n fait plus de cas; mais, Cliton, j’en sais uneAppelle si tôt des portes du trépas [pas ;q ei ‘ moins d’un tourne-main on ne s’en souvientlc onqu e la sait faire a de grands avantages.
I ) 0 CLITON.
ill( ‘z-m’en le secret, et je vous sers sans gages.
te le
DORANTE.
donnerais, et tu serais heureux;
’*ais 1
Qui 6 seci ’ et consiste en quelques mots hébreux,Q üe tous à prononcer sont si fort difficiles,
Ce serait pour toi des trésors inutiles.
V üu CLITON.
s savez donc l’hébreu ?
DORANTE.
I/hébreu ! parfaitement :
ai,]
IX
migues, Cliton, a mon commandement.
GÉRONTE, DORANTE, CLITON.
CÉRONTE.
.Te vous cherchais, Dorante.DORANTE, A part.
Je ne vous cherchais pas, moi. Que mal à proposSon abord importun vient troubler mon repos !
Et qu’un père incommode un homme de mon âge!
GÉRONTE.
Vu l’étroite union que fait le mariage,
J’estime qu’en effet c’est n’y consentir point,
Que laisser désunis ceux que le ciel a joint.
La raison le défend, et je sens dans mon âmeUn violent désir de voir ici ta femme.
J’écris donc à son père ; écris-lui comme moi :Je lui mande qu’après ce que j’ai su de toi,
Je me tiens trop heureux qu’une si belle fille,
Si sage, et si bien née, entre dans ma famille.J’ajoute à ce discours que je brûle de voirCelle qui de mes ans devient l’unique espoir;
Que pour me l’amener tu t’en vas en personne ;Car enfin il le faut, et le devoir l’ordonne :N’envover qu’un valet sentirait son mépris
DORANTE.
De vos civilités il sera bien surpris,
Et pour moi je suis prêt; mais je perdrai ma peine :Il ne souffrira pas encor qu’on vous l’amène ;
Elle est grosse.
GÉRONTE.
Elle est grosse !
DORANTE.
Et de plus de six mois.
GÉRONTE.
Que de ravissements je sens à cette fois!
DORANTE.
Vous ne voudriez pas hasarder sa grossesse.
GÉRONTE.
Non, j’aurai patience autant que d’allégresse ;Pour hasarder ce gage il m’est trop précieux.
A ce coup ma prière a pénétré les deux.
Je pense en le voyant que je mourrai de joie.
Adieu : je vais changer la lettre que j’envoie,En écrire à son père un nouveau compliment,
Le prier d’avoir soin de son accouchement,