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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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108 LA SUITE i)U MENTeUU, ACTE II, SCÈNE VL

Acceptez cependant quelque peu de. douceursFort propres en ces lieux à conforter les cœurs;Les sèclies sont dessous, celles-ci sont liquides.

CLITON.

Les amours de tantôt me semblaient plus solides.Si tu n’as autre chose, épargne mieux tes pas;Cette inégalité ne me satisfait pas.

Nous avons le cœur bon, et, dans nos aventures,Nous ne filmes jamais hommes à confitures.

LYSE.

Badin, qui te demande ici ton sentiment ?

CLITON.

Ah! tu me fais l'amour un peu bien rudement.

LYSE.

Est-ce à toi de parler ? que n’attends-tu ton heure !

DORANTE.

Saurons-nous cette fois son nom, ou sa demeure?

LYSE.

Non pas encor si tôt.

DORANTE.

Mais te vaut-elle bien ?Parle-moi franchement, et ne déguise rien.

LYSE.

A ce compte, monsieur, vous me trouvez passable ?

DORANTE.

Je te trouve de taille et d’esprit agréable,

Tantde grâce en l’humeur, et tant d’attraits aux yeux,Qu’à te dire le vrai, je ne voudrais pas mieux;Elle me charmera, pourvu qu’elle te vaille.

LYSE.

Ma maîtresse n’est pas tout à fait de ma taille,Mais elle me surpasse en esprit, en beauté,Autant et plus encor, monsieur, qu’en qualité.

DORANTE.

Tu sais adroitement couler ta flatterie.

Que ce bout de ruban a de galanterie !

Je veux le dérober. Mais qu’est-ce qui le suit?

LYSE.

Rendez-le-moi, monsieur ; j’ai hâte, il s’en va nuit.

DORANTE.

Je verrai ce que c’est.

LYSE.

C’est une mignature.

DORANTE.

Oh, le charmant portrait ! l’adorable peinture !

Elle est faite à plaisir?

LYSE.

Après le naturel.

DORANTE.

Je ne crois pas jamais avoir rien vu de tel.

LYSE.

Ces quatre diamants dont elle est enrichie [chie ;Ont sous eux quelque feuille, ou mal nette, ou blan-Et je cours de ce pas y faire regarder.

DORANTE.

Et quel est ce portrait?

LYSE.

Le faut-il demander?

Et doutez-vous si c’est ma maîtresse elle-meme.DORANTE.

Quoi! celle qui m’écrit?

LYSE.

Oui, celle qui vous ain ,c ’A l’aimer tant soit peu vous l’auriez deviné.

DORANTE.

Un si rare bonheur ne m’est pas destiné;

Et tu me veux flatter par cette fausse joie.

lyse. [croif-

Quand je dis vrai, monsieur, je prétends qu’on m eMais je m’amuse trop, l’orfévre est loin d’ici;Donnez-moi, je perds temps.

DORANTE.

Laisse-moi ce sou c1 ’

Nous avons un orfèvre arreté pour ses dettes,

Qui saura tout remettre au point que tu souhai teS 'lyse.

Vous m’en donnez, monsieur.

DORANTE.

Je te le ferai voi r -

LYSE.

A-t-il la main fort bonne ?

DORANTE.

Autant qu’on peut l’av° 11,

LYSE.

Sans mentir?

DORANTE.

Sans mentir.

CLITON.

Il est trop jeune, il n oS

LYSE.

Je voudrais bien pour vous faire ici quelque cb° se ’Niais vous le montrerez.

DORANTE.

Non, à qui que ce soi 1 -

LYSE.

Vous me ferez chasser si quelque autre le voit-

DORANTE.

Va, dors en s lire té.

LYSE. ?

Mais enfin à quand rendr e •DORANTE.

Dès demain.

Liaüi. i ,p t

Demain donc je viendrai le repi' 611Je ne puis me résoudre à vous désobliger-CLITON, à Dorante, puis à Ljse.

Elle se met pour vous en un très-grand dang eDirons-nous rien nous deux?

LYSE.

Non.

CLITON.

Comme tu mepi

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