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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LA SUITE DU MENTEUR. ACTE II, SCENE VL 197

j CLITON.

'y disais dès lors ; sans cette, qualité,

°us n’eussiez pu jamais le payer de bonté.

... DORANTE.

e te tairas-tu point ?

CLITON.

j. Dis-je rien qu’il ne sache?

^ tais-je à votre nom quelque nouvelle tache ?

e tait-ii pas, monsieur, avec Alcippe et vous^ an d ce festin en l’air le rendit si jaloux?l' 1 " loi fut le témoin du conte que vous fîtes,

£ la ( |ui vous sépara lorsque vous vous battîtes?

^ Sa 't-il pas encor les plus rusés détours0| 't votre esprit adroit bricola vos amours?

. PHI LISTE.

^ lîl > ce (lux de langue est trop grand pour se taire ;a,s > sans plus l'écouter, parlons de votre affaire.Elle nie semble aisée, et j’ose me vanterr, ;iss ez facilement je pourrai l’emporter :p Uîc dont elle dépend sont de ma connaissance,

£ llle me à la plupart je touche de naissance fp lll(| rt était d’ailleurs fort peu considéré,

£ e hez les gens d’honneur on ne l’a point pleuré.ails perdre plus de temps, souffrez que j’aille ap-I, [prendre

jç 1 ' 1 * 1 ’ C| i venir à bout quel chemin il faut prendre.

v °us attristez point cependant en prison,j a,| ra soin de vous comme en votre maison;

£ a C() ncierge en a l’ordre, il tient de moi sa place,sitôt que je parle il n’est rien qu’il ne fasse.

^ DORANTE.

a Joie est de vous voir, vous me l’allez ravir.

j e PHIUSTE.

q. Prends congé de vous pour vous aller servir.

1,011 divertira votre mélancolie.

SCÈNE Y.

DORANTE, CLITON.

(' CLITON.

va maintenant l’amour ou la folie?e dame obligeante au visage inconnu,p st s l’oipare des cœurs avec son revenu,j> 4 encore aimable ? a-t-elle encor des charmes?générosité lui rendrons-nous les armes?

Q|j. DORANTE.

Q U ’ 0l '’je la tiens belle, et m'ose figurerQu’ . a r *en ei1 s °i ( I u °ii ,ie puisse adorer.en imagines-tu ?

CLITON.

Q ui ) , 1 ’en fais des conjectures

V 0 ,; acc °rdent fort mal avecque vos ligures.

Quoi ^ ei P ar avance, et vous cacher son nom,

A y <,Ue vous présumiez, ne marque rien de bon.011 Ce qu’elle a fait, et comme elle procède,

Je jurerais, monsieur, qu’elle est ou vieille ou laide,Peut-être l’une et l’autre, et vous a regardéComme un galant commode, et fort incommodé.

DORANTE.

Tu parles en brutal.

CLITON.

Vous en visionnaire.

Mais, si je disais vrai, que prétendez-vous faire ?

DORANTE.

Envoyer et la dame et les amours au vent.

CLITON.

Mais vous avez reçu; quiconque prend se vend.

DORANTE.

Quitte pour lui jeter son argent à la tête.

CLITON.

Le compliment est doux et la défaite honnête.

Tout de bon à ce coup vous êtes converti;

Je le soutiens, monsieur, le proverbe a menti.Sans scrupule autrefois, témoin votre Lucrèce,Vous emportiez l’argent, et quittiez la maîtresse ;Mais llome vous a fait si grand homme de bien,Qu’à présent vous voulez rendre à chacun le sien.Vous vous êtes instruit des cas de conscience.

DORANTE.

Tum’embrouillesTespritfautedepatience. [moins,Deux ou trois jours peut-être, un peu plus, un peuÉclairciront ce trouble, et purgeront ces soins.

Tu sais qu’on m’a promis que la beauté qui m’aimeViendra me rapporter sa réponse elle-même :Vois déjà sa servante, elle revient.

CLITON.

Tant pis.

Dussiez-vous enrager, c’est ce que je vous dis.

Si fréquente ambassade, et maîtresse invisible,Sont de ma conjeclure une preuve infaillible.Voyons ce qu’elle veut, et si son passe-portEst aussi bien fourni comme au premier abord.

DORANTE.

Veux-tu qu’à tous moments il pleuve des pistoles?

CLITON.

Qu’avons-nous sans cela besoin de ses paroles?

SCÈNE VI.

DORANTE, LYSE, CLITON.DORANTE, à Lyse.

Je ne t’espérais pas si soudain de retour.

LYSE.

Vous jugerez par là d’un cœur qui meurt d'amour.De vos civilités ma maîtresse est ravie :

Elle serait venue, elle en brille d’envie;

Mais une compagnie au logis la retient :

Elle viendra bientôt, et peut-être elle vient ;

Et je me connais mal à l’ardeur qui 1 emporte,

Si vous ne la voyez même avant que je sorie.