LA SUITE DU MENTEUR, ACTE IV, SCENE VIII.
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MÉLISSE.
^*tes qu’il m’importune, et non pas qu’il me sert;^ en craignez rien. Adieu, j'ai peur qu’il ne revien-dorante. [ne.
voulez-vous demain que je vous entretienne ?' e dois être élargi.
MÉLISSE.
Je vous ferai savoir
Ues demain chez Cléandre où vous me pourrez voir.DORANTE.
ktqui vous peut si tôt apprendre ces nouvelles?
MÉLISSE.
fte savez-vous pas que l’amour a des ailes ?
DORANTE.
°*ts avez habitude avec ce cavalier ?
MÉLISSE.
° n > je sais tout cela d’un esprit familier.
°yez moins curieux, plus secret, plus modeste,
‘ illls ombrage, et demain nous parlerons du reste.
,, DORANTE, seul-
^ 0| nine elle est ma maîtresse, elle m’a fait leçon,v d un soupçon je tombe en un autre soupçon.^°vsque je crains Cléandre, un ami me traverse;a, s nous avons bien fait de rompre le commerce.e vtois l’entendre.
CLTTON.
Ils portaient sous le bras une lanterne sourde.C’était fait de ma vie, ils me traînaient à l’eau ;Mais sentant du secours, ils ont craint pour leur
[peau,
Et, jouant des talons tous deux en gens habiles,
Us m'ont fait trébucher sur un monceau de tuiles,Chargé de tant de coups et de poing et de pied,Que je crois tout au moins en être estropié.Puissé-je voir bientôt la canaille noyée!
PHILISTE.
Si j’eusse pu les joindre, ils me l’eussent payéeL’heureuse occasion dont je n’ai pu jouir,
Et que cette sottise a fait évanouir.
Vous en êtes témoin, cette belle adorableNe me pourrait jamais être plus favorable;
Jamais je n’en reçus d’accueil si gracieux;
Mais j’ai bientôt perdu ces moments précieux.
Adieu. Je prendrai soin demain de votre affaire.Il est saison pour vous de voir votre lingère.Puissiez-vous recevoir dans ce doux entretienUn plaisir plus solide et plus long que le mien !
SCÈNE VIII.
SCÈNE VII.
DORANTE, CLITON.
DORANTE, PHILISTE, CLITON.
PHILISTE.
Ami, vous m’avez tôt quitté ’.
$ DORANTE.
Eu ' ailt peu la ville, et dans l’obscurité,
Jfj nio nis de quatre pas j’ai tout perdu de vue ;
*tant égaré dès la première rue,
■p ai llle je sais un peu ce que c’est que l’amour,,q./ Tu qu’il vous fallait attendre en Bellecour;lia ^ ll a ' plus trouvé personne à la fenêtre.
Qu 1 «-‘«pendant, qui massacrait ce traître:
1 e faisait crier?
PHILISTE.
J e j, . A quelque mille pas,
ai rencontré seul tombé sur des platras.
• u01tANTE '
> ne criais-tu que pour nous mettre en peine?
>ff.
CLITON.
enc °re un peu que je reprenne baleine.Et] nie a Lyon le peuple aime fort les laquais,® Ur donne souvent de dangereux paquets,
-e UXon — - —c?-r"\i- ■>
0 nt j me trouvant tantôt en sentinelle,
Et sb’ 1SS ^ c * 10 * r sur moi leur haine naturelle ;
f qu’ils ont vu mon habit rouge et vert...Qu an( j dorante. [vert,
6St nu ' 1 sans lulle > et qui' fa* 1 temps cou-
ait-i
011 les couleurs? tu donnes une bourde.
DORANTE.
Cliton, si tu le peux, regarde-moi sans rire.
CLITON.
J’entends à demi-mot, et ne m’en puis dédire.
J’ai gagné votre mal.
DORANTE.
Eh bien? l’occasion?
CLITON.
Elle fait le menteur, ainsi que le larron.
Mais si j’en ai donné, c’est pour votre service.DORANTE.
Tu l’as bien fait courir avec cet artifice.
CLITON.
Si je ne fusse chu, je l’eusse mené loin ;
Mais surtout j’ai trouvé la lanterne au besoin;
Et, sans ce prompt secours, votre feinte importuneM’eût bien embarrassé de votre nuit sans lune.Sachez une autre fois que ces difficultésNe se proposent point qu’entre gens concertés.
DORANTE.
Pour le mieux éblouir, je faisais le sévère.
CLITON.
C’était un jeu tout propre à gâter le mystère.Dites-moi cependant, êtes-vous satisfait?
dorante.
Autant comme on peut l’être.
cliton.
En effet?
U