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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LA S UIT K LU AI EN T li U H, ACTE IV, SCÈiNE VI.

CLITON.

Allez prêter l’oreille aux discours de la daine ;Au bruit que je ferai prenez bien votre temps,Et nous lui donnerons de jolis passe-temps.(Doranle va auprès de Philiste.)

SCÈNE V.

MÉLISSE, LYSE, à la fenêtre ; PHILISTE,DORANTE, CLITON.

MELISSE.

Est-ce- vous ?

I‘HI LISTE.

Oui, madame.

MÉLISSE.

Ah ! que j’en suis ravie !

Que mon sort cette nuit devient digne d’envie!Certes, je n’osais plus espérer ce bonheur.

PHI LISTÉ.

Manquerais-je à venir où j’ai laissé mon cœur?

MÉLISSE.

Qu’ainsi je sois aimée! et que de vous j’obtienneUne amour si parfaite, et pareille à la mienne !

PHILISTE.

Ab ! s’il en est besoin, j’en jure, et par vos yeux.

MÉLISSE.

Vous revoir en ce lieu m’en persuade mieux ;

Et, sans autre serment, cette seule visiteAl’assure d’un bonheur qui passe mon mérite.

CLITON.

A l'aide !

MÉLISSE.

J’ois du bruit.

CLITON.

A la force ! au secours !

PHILISTE.

C’est quelqu’un qu’on maltraite; excusez si j’y cours.Madame, je reviens.

CLITON , s’etoign m ilI toujours derrière le lliéillrc.

On m’égorge, on me tue.

Au meurtre !

PHILISTE.

Il est déjà dans la prochaine rue.nOIIANTE.

C’est Cliton ; retournez, il suffira de moi.

PHILISTE.

Je ne vous quitte point; allons.

(Ils sortent tous deux.)

MÉLISSE.

Je meurs d’effroi.

CI.ITON, derrière le théâtre.

Je suis mort !

MÉLISSE.

Un rival lui fait cette surprise.

LYSE.

C’est plutôt quelque ivrogne, ou quelqu’autre sottise

Qui 11e méritait pas rompre votre entretien.

MELISSE.

Tu flattes mes désirs.

SCÈNE VI.

DORANTE, MÉLISSE, LYSE.oohante.

Madame, ce n’est rien ;

Des marauds, dont le vin embrouillait la cervelleVidaient à coups de poing une vieille querelle;Us étaient trois contre un, et le pauvre battuA crier de la sorte exerçait sa vertu.

(bas.)

Si Cliton 111’enteiidait, il compterait pour quatre-MELISSE.

T

Vous n’avez donc point eu d’ennemis à combattre-

DOUANTE.

Un coup de plat d’épée a tout fait écouler.MÉLISSE.

Je mourais de frayeur, vous y voyant aller.

DOUANTE.

Que Philiste est heureux ! qu’il doit aimer la vie -

MÉLISSE.

Vous n’avez pas sujet de lui porter envie.douante.

A dus lui parliez naguère en ternies assez doux-

MÉLISSE.

Je pense d’aujourd’hui 11’avoir parlé qu’à vous-

DOUANTE.

Vous 11e lui parliez pas avant tout ce vacarme •

N ous ne lui disiez pas que son amour vous cban |,e ’Qu’aucuns feux à vos feux ne peuvent s’égaler?MÉLISSE.

J’ai tenu ce discours, mais j’ai cru vous parler-N’êtes-vous pas Dorante?

DOUANTE.

Oui, je le suis, mada |lie '.Le malheureux témoin de votre peu de flamme-Ce qu’un moment fit naître, un autre l’a détru >Et l’ouvrage d’un jour se perd en une nuit.

MÉLISSE.

L’erreur n’est pas un crime ; et votre aimable mRégnant sur mon esprit, 111’a si bien possédée,Que dans ce cher objet le sien s’est, confondu,

Et lorsqu’il 111’a parlé je vous ai répondu ; .

En sa place tout autre eût passé pour vous-me*

A oiis verrez par la suite à quel point je vous a'Pardonnez cependant à nies esprits déçus ;Daignez prendre pour vous les vœux qu’il ai ;

Ou si, manque d’amour, votre soupçon persistadouante. . te -

N’en parlons plus, de grfice, et parlons de Ph>

11 vous sert, et la nuit me l’a trop découveit-