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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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LA SUITE DU MENTEUR, ACTE V, SCÈNE V.

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Si i

Si

Et

j! J 'More autre objet que celui de Mélisse,

J e conçois des vœux que pour votre service,

S1 pour d’autres yeux on m’entend soupirer,ant que je pourrai voir quelque lieu d’espérer !,., U| > madame, souffrez que cette amour persistea, 't que l'hymen engage ou Mélisse, ou Philiste ;, Us <]ue-la les douceurs de votre souvenirp' eft un peu d’espoir sauront m’entretenir :

Jure par vous-même, et ne suis point capableun serment ni plus saint ni plus inviolable,p a| s j’offense Philiste avec un tel serment;p 1 " 1 ' guérir vos soupçons je nuis à votre amant,^effacei'ai ce crime avec cette prière :y v ous devez le cœur à qui vous sauve un frère,^°us ne devez pas moins au généreux secours. ? Ilt tient le jour celui qui conserva ses jours.Et'' 162 611 ma * aveur uu al, n foi vous aime,Possédez Dorante en un autre lui-même,j^^dieu. Contre vos yeux c’est assez combattu ;^ s ens à leurs regards chanceler ma vertu;p ’ dai) s le triste état où mon âme est réduite,° Ur sauver mon honneur, je n’ai plus que la fuite.

SCÈNE IV.

û ORANTE, PHILISTE, MÉLISSE, LYSE,CLITON.

Amj

PHILISTE.

mus

’ I e v ous rencontre assez heureusement.

sortiez?

^ntre;

DOUANTE.

Oui, je sors, ami, pour un moment.2 i Mélisse est seule, et je pourrais vous nuire.

--"

éc 'tappez donc point avant que m’introduire;p es , sur le discours vous prendrez votre temps ;

,, n °us Slmus

PHILISTE.

Aq

llle semblez troublé !

DOUANTE.

J’ai bien raison de l’être;

Jeu.

PHILISTE.

l) e j... )°us soupirez, et voulez disparaître!i\t a( j lsse ou de vous je saurai vos malheurs.

Ue llîe .’ l Ju ls-j e -.. O ciel ! elle-même est en pleurs!h’ 0l| '. 0,s des deux parts que des sujets d’alarmes.Que) V,en . neilt ces soupirs? et d’où naissent vos lar-Qu’ai. aCCident vous facile, et le fait retirer ? [mes ?Je a craindre, pourvous,ou qu’ai-jeàdéplorer?

"‘Este

Pl

MELISSE.

Sa ‘I est tout. vrai... Mais retenez Dorante,Se nce au secret est la plus importante.

V,

°u s

•ne

DOUANTE.

Perdez, madame.

MÉLISSE

Il faut tout hasarder

Pour un bien qu’autrement je ne puis plus garder.

LYSE.

Cléandre entre.

MÉLISSE.

Le ciel à propos nous l’envoie.

SCÈNE V.

DORANTE, PHILISTE, CLÉANDRE,MÉLISSE, LYSE, CLITON.

CI.ÉANDUE.

Ma sœur, auriez-vous cru... ? Vous montrez peu deEn si bon entretien qui vous peut attrister? [joie !

MÉLISSE, à Cléandre.

.Peu contais le sujet, vous pouvez l’écouter.

. ’ (à Philiste.)

Vous m’aimez, je l’ai su de votre propre bouche,Je l’ai su de Dorante, et votre amour me touche,Si trop peu pour vous rendre un amour tout pareil,Assez pour vous donner un fidèle conseil.

Ne vous obstinez plus à chérir une ingrate; [flatte.J’aime ailleurs, c’est, en vain qu’un faux espoir vousJ’aime et je suis aimée, et mon frère y consent;Mon choix est aussi beau que mon amour puissant.Vous l’auriez fait pour moi, si vous étiez mon frère.C’est Dorante en un mot qui seul a pu me plaire.Ne me demandez point ni quelle occasion,

Ni quel temps entre nous a fait cette union ;

S’il la faut appeler ou surprise, ou constance;

Je ne vous en puis dire aucune circonstance ;Contentez-vous de voir que mon frère aujourd’huiL’estime et l’aime assez pour le loger chez lui,

Et d’apprendre de moi que mon cœur se, proposeLe change et le tombeau pour une même chose.Lorsque notre destin nous semblait le plus doux,Vous l’avez obligé de me parler pour vous;

Il l’a fait., et s’en va pour vous quitter la place :Jugez par ce discours quel malheur nous menace.Voilà cet accident qui le fait retirer;

Voilà ce qui le trouble, et qui me fait pleurer;Voilà ce que je crains; et voilà les alarmesD’où viennent ses soupirs, et d’où naissent mes lar-philiste. [mes.

Ce n’est pas là, Dorante, agir en cavalier.

Sur ma parole encor vous êtes prisonnier;

Votre liberté n’est qu’une prison plus large;

Et je réponds de vous s’il survient quelque charge.Vous partez cependant, et sans m’en avertir!Rentrez dans la prison dont vous vouliez sortir.

DOUANTE.

Allons, je suis tout prêt d’y laisser une viePlus digne de pitié qu’elle n’était d envie;

Mais, après le bonheur que je vous ai cédé.

Je méritais peut-être un plus doux procédé.philiste.

Un ami tel que vous n’en mérite point d’autre.