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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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EXAMEN Dli U A SUITE DU MENTEUR.

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EXAMEN DE LA SUITE DU MENTEUR.

E effet de cette pièce n’a pas été si avantageux? Ue . ce lni de la précédente, bien qu’elle soit mieuxecr ite. L’original espagnol est de Lope de YègueSails contredit, et a ce défaut que ce n’est que le^let qui f a i( r i rP) au ij eu q U 'en l’autre les priuci-p Ux cgréments sont dans la bouche du maître.° n a pu voir par les divers succès quelle diffé-e nee il y a entre ] es railleries spirituelles d’un'°nnète homme de bonne humeur, et les bouffon-nes froides d’un plaisant à gages. L’obscurité? Ue fait en celle-ci le rapport à l’autre a pu contri-Uer quelque chose à sa disgrâce, y ayant heau-Çoup d e choses q U ’on ne peut entendre, si l’on n’auee présente du Menteur. Elle a encore quelques•auts particuliers. Au second acte, Cléandre ra-n le à sa sœur la générosité de Dorante qu’on ae au premier, contre la maxime qu’il ne faut ja-j ais faire raconter ce que le spectateur a déjà vu.cinquième est trop sérieux pour une pièce siJouée, et n’a rien de plaisant que la premièrefo ^ eiltre un va * et et ,me servante. Cela plaît sien Espagne, qu’ils font souvent parler bas les••■nts de condition, pour donner lieu à ces sortesp Sens de s’entredire des badinages; mais enJ’ance, ce n’est pas le goût de l’auditoire. Leurl- etien est plus supportable au premier acte, cé-dant que Dorante écrit : car il ne faut jamais

laisser le théâtre sans qu’on y agisse, et l’on n’yagit qu’en parlant. Ainsi Dorante qui écrit ne leremplit pas assez ; et toutes les fois que cela arrive,il faut fournir l’action par d’autres gens qui parlent.Le. second débute par une adresse digne d’être re-marquée, et dont on peut former cette règle, que,quand on a quelque occasion de louer une lettre,un billet ou quelque autre pièce éloquente ou spi-rituelle, il ne faut jamais la faire voir, parce qu’alorsc’est une propre louange que le poète se donne àsoi même; et souvent le mérite de la chose répondsi mal aux éloges qu’on en fait, que j’ai vu desstances présentées à une maîtresse, qu’elle vantaitd’une haute excellence, bien qu’elles fussent très-médiocres; et cela devenait ridicule. Mélisse loueici la lettre que Dorante lui a écrite; et comme ellene la lit point, l’auditeur a lieu de croire qu’elleest aussi bien faite qu’elle le dit. Bien que d'abordcette pièce n’eût pas grande approbation, quatreou cinq ans après, la troupe du Marais la remit surle théâtre avec un succès plus heureux; mais au-cune des troupes qui courent les provinces ne s’enest chargée. Le contraire est arrivé de Théodore ,que les troupes de Paris n’y ont point rétablie de-puis sa disgrâce, mais que celles des provinces yont fait assez passablement réussir.

FIN O E L’EXAMEN DF. LA SUITE IHJ MENTEUR.