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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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RODOGUNE, ACTE I, SCÈNE I.

avet * Appian que sur ce qui se passa entre la mèreet 'es deux fils.

Ce prem ier livre des Machabées, aux cha pitres 11,j!®’ 14 et 15, parle de ces guerres de Tryplion et dea Prison de Démétrius chez les Partîtes; mais iln °mme ce pupille Antioclius, ainsi que Justin, etattribue la défaite de Tryplion à Antioclius, tilse Démétrius, et non pas à son frère, comme faitAppian, que j’ai suivi, et ne dit rien du reste.

Josèphe, au treizième livre des AntiquitésJudaïques, nomme encore ce pupille de Tryplionl'tiochus, fait marier Cléopâtre à Antioclius,rere de Démétrius, durant la captivité de ce pre-’Aier mari chez les Partîtes, lui attribue la défaite' a mort de Tryplion, s’accorde avec Justin tou-® la, it la mort de Démétrius, ahandonné et non paspar sa femme, et ne parle point de ce qu’Appianri lui rapportent d’elle et de ses deux fils, dont j’aiü 't cette tragédie.

PERSONNAGES.

ÈOp \tke, reine de Syrie, veuve de Démélrius Nicanor.

SEt,

Ho.-'y'Hs, i

f|, * sœur de Pliraates, roi des I’arlhes.

Oft( . NE, gouverneur des deux princes.

1-Anv ambassadeur de pliraales.

^■•Ë, sœur deTiniagène, confidente de Cléopâtre.

Ëa scène est à Séleucie, dans le palais royal.

fils de Démélrius et de Cléopâtre.

ACTE PREMIER.

SCÈNE PREMIÈRE.

LAON1CK, TIMAGÈNE.

LAONICE.

r hP

Q u mce jour pompeux, cet heureux jour nous luit,çj 1 d Ul > trouble si long doit dissiper la nuit,f ^ rai| d jour où l’hymen, étouffant la vengeance,' e Eartlte et nous remet l’intelligence,j^'Ancliit sa princesse, et nous fait pour jamaisCe ' n ° Uf de la guerre un lien de la paix ;

k r,ll| d jour est venu, mon frère, où notre reine

Ce^

|y 0 j t “ ul de plus tenir la couronne incertaine,

* Sa "t de [

ue , roni l )r e aux yeux de tous son silence obstiné,Ht p eu * Princes gémeaux nous déclarer l’aîné :D 0| ava »t.age seul d’un moment de naissance,

Meti 6lle a i US( l u ’ici caché la connaissance,

V a au plus heureux le sceptre dans la main ,Mais'H’ 6 ' Un et '’ autre souverain.

n a dmirez-vous point que cette même reine

Le donne pour époux à l’objet de sa' haine,

Et n’en doit faire un roi qu’afin de couronnerCelle que dans les fers elle aimait à gêner?Rodogune, par elle en esclave traitée,

Par elle se va voir sur le trône montée,

Puisque celui des deux qu’elle nommera roiLui doit donner la main et recevoir sa foi.

TIMAGÈNE.

Pour le mieux admirer trouvez lion, je vous prie,Que j’apprenne de vous les troubles de Syrie.

J’en ai vu les premiers, et me souviens encorDes malheureux succès du grand roi Nicanor,Quand, des Partîtes vaincus pressant l’adroite fuite,Il tomba dans leurs fers au bout de sa poursuite.Je n’ai pas oublié que cet événementDu perfide Tryplion fit le soulèvement.

Voyant le roi captif, la reine désolée,

Il crut pouvoir saisir la couronne ébranlée,

Et le sort, favorable à son lâche attentat,

Mit d’abord sous ses lois la moitié de l’état.

La reine, craignant tout de ces nouveaux orages,En sut mettre à l’abri ses plus précieux gages ;

Et, pour n’exposer pas l’enfance de ses fils,

Me les fit chez son frère enlever à Memphis.

Là, nous n’avons rien su que de la renommée,Qui, par un bruit confus diversement semée,

N’a porté jusqu’à nous ces grands renversementsQue sous l’obscurité de cent déguisements.

no.NICE.

Sachez donc que Tiyphon, après quatre batailles,Ayant su nous réduire à ces seules murailles,

En forma tôt le siège, et, pour comble d’effroi,Un faux bruit s’y coula touchant la mort du roi.Le peuple épouvanté, qui déjà dans son âmeNe suivait qu’à regret les ordres d’une femme,Voulut forcer la reine à choisir un époux.

Que pouvait-elle faire et seule et contre tous?Croyant son mari mort, elle épousa son frère.L’effet montra soudain ce conseil salutaire.

Le prince Antioclius, devenu nouveau roi,

Sembla de tous côtés traîner l’heur avec soi ■

La victoire attachée au progrès de ses armesSur nos fiers ennemis rejeta nos alarmes;

Et la mort, de Tryplion dans un dernier combat,Changeant tout notre sort, lui rendit tout l’état.Quelque promesse alors qu’il élit faite à la mèreDe, remettre ses fils au trône de leur père,

Il témoigna si peu de la vouloir tenir,

Qu’elle n’osa jamais les faire revenir.

Ayant régné sept ans, son ardeur militaireRalluma cette, guerre où succomba son frère :

Il attaqua le Parthe, et. se crut assez fortPour en venger sur lui la prison et la mort.Jusque dans ses états il lui porta la guerre ;

Il s’y lit partout craindre à l’égal du tonnerre;

Il lui donna bataille, où mille beaux exploits...