KODOGUNE, ACTE 11, SCÈNE 1.
Créait sa vengeance à ce dur traitement;
^dait un prétexte à vaincre sa colère,
* >'.fallait du temps, et, pour ne rien vous taire,vuand je me dispensais à lui mal obéir,
Quand en votre faveur je semblais la trahir,eu t-ètre qu’en son coeur plus douce et repentiee un dissimulait la meilleure partie;
Que, se voyant tromper, elle fermait les yeux,
A ( iu’un peu de pitié la satisfaisait mieux.
A présent que l’amour succède à la colère,me n e vous vo j t p] us qu’avec des yeux de mère;
1 si de cet amour je la voyais sortir,e jure de nouveau de vous en avertir :
° l *s savez comme quoi je vous suis toute acquise.e r oi souffrirait-il d’ailleurs quelque surprise ?
. . kodogune*
Q Ul que ce soit des deux qu’on couronne aujour-' * e sera sa mère, et pourra tout sur lui. [d’hui,
LAONICE.
Q u ^ que ce soit des deux, je sais qu’il vous adore :,0n naissant leur amour, pouvez-vous craindre en-
, , KODOGUNE. [core?
Ul > je crains leur hymen, et d’être à l’un des deux.
Quoi !
LAONICE.
sont-ils des sujets indignes de vos feux?
KODOGUNE.
‘“•Unie ils ont même sang avec pareil mérite,'tvantage égal pour eux me sollicite;aïs il est m alaisé, dans cette égalité,ll| i esprit combattu ne penche d’un côté,des noeuds secrets, il est des sympathies,par le doux rapport les Ames assortiesp ‘A'uchent Tune à l’autre, et se laissent piquerCes je ne sais quoi qu’on ne peut expliquer.j e est Pur là que l’un d’eux obtient la préférence;y, Q°i- s voir l’autre encor avec indifférence;l.o S Cette ""Pilérenee est une aversion(q < * lle ’* e * a C0ln l )are avec nla passion.j e dl, "e effet d’amour! incroyable chimère!
Qt ig U< ^ ra * s è tr e à lui si je n’aimais son frère;
(y. Plus grand des maux toutefois que je crains,
-est
-Ne
( l (| e mon triste sort me livre entre ses mains.
LAONICE.
Pourrai-îi
erai-je servir une si belle ilamme?
KODOGUNE.
pas en tirer le secret de mon âme :
Qu t | r °' s
C’ est < * Ue é P°G.x que le ciel veuille me destiner,l)g l) ' lu pleinement (]ue je veux me donner,le Ul que je crains si je suis le partage,Q’ityi Fa * *' a(îce P ter avec même visage;
Ht
/'tien
nie le rendra précieux à son tour,
le d
S;„ ls ev °ir fera ce qu’aurait fait l’amour,
Q u Un l aillte 'P 1011 reproche à mon humeur forcéeautre qu’un mari règne sur ma pensée.
V„ Us , l.AONICK.
' 'raiittiez que ma foi ions l’ose reprocher?
KODOGUNE.
Que ne puis-je à moi-même aussi bien le cacher !LAONICE.
Quoi que vous me cachiez, aisément je devine ;
Et, pour vous dire enfin ce que je m'imagine,
Le prince...
KODOGUNE.
Garde-toi de nommer mon vainqueur :Ma rougeur trahirait les secrets de mon cœur,
Et je te voudrais mal de cette violenceQue ta dextérité ferait à mon silence;
Même, de peur qu’un mot par hasard échappéTe fasse voir ce cœur et quels traits l’ont frappé,Je romps un entretien dont la suite me blesse.Adieu : mais souviens-toi que c’est sur ta promesseQue mon esprit reprend quelque tranquillité.
LAONICE.
Madame, assurez-vous sur maiidélité.
ACTE DEUXIEME.
SCÈNE PREMIÈRE.
CLÉOPÂTRE.
Serments fallacieux, salutaire contrainte,
Que m’imposa la force et qu’accepta ma crainte,Heureux déguisements d’un immortel courroux,Vains fantômes d’état, évanouissez-vous!
Si d’un péril pressant la terreur vous lit naître,Avec ce péril même il vous faut disparaître,Semblables à ces vœux dans l’orage formés,Qu’efface un prompt oubli quand les Ilots sont cal-Kt vous, qu’avec tant d’art cette feintea voilée, [niés.Recours des impuissants, haine dissimulée,
Digne vertu des rois, noble secret de cour,
Éclatez, il est temps, et voici notre jour.Montrons-nous toutes deux, non plus comme sujet-IWais telle que je suis, et telle que vous êtes, [tes,Le Parthe est éloigné, nous pouvons tout oser :Nous n’avons rien à craindre, et rien à déguiser;Je hais, je règne encor.Laissons d’illustres marquesEn quittant, s’il le faut, ce haut rang des monar-Faisons-en avec gloire un départ éclatant, [ques :Et rendons-le funeste à celle qui l’attend.
C’est encor, c’est encor cette même ennemieQui cherchait ses honneurs dedans mon infamie,Dont la haine à son tour croit me faire la loi,
Et régner par mon ordre et sur vous et sur moi.Tu m’estimes bien lâche, imprudente rivale,
Si tu crois que mon cœur jusque-là se ravale,
Qu’il souffre qu’un hymen qu’on t’a promis en vainTe mette ta vengeance et mon sceptre à la main.
\ ois jusqu'où m’emporta l’amour du diadème, '