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U 01)0(1 U NE, ACTE I, SCÈNE V.
Trouve encor les appas qu’avait trouvés leur père.
La reine envoie en vain pour se justifier;
On a beau la défendre, on a beau le prier.
On ne rencontre en lui qu’un juge inexorable ;
Et son amour nouveau la veut croire coupable :Son erreur est un crime ; et, pour l’en punir mieux,Il veut meme épouser Rodogune à ses yeux,Arracher de son front le sacré diadèmePour ceindre une autre tête en sa présence même;Soit qu’ainsi sa vengeance edt plus d’indignité,Soit qu’ainsi cet hymen eut plus d’autorité,
Et qu’il assurât mieux par cette barbarieAux enfants qui naîtraient le trône de Syrie.
Mais tandis qu’animé de colère et d’amourIl vient déshériter ses (ils par son retour,
Et qu’un gros escadron de Partîtes pleins de joieConduit ces deux amants, et court comme à la proie,La reine, au désespoir de n’en rien obtenir,
Se résout de se perdre ou de le prévenir.
Elle oublie un ntari qui veut cesser de l’être,
Qui ne veut plus la voir qu’en implacable maître ;Et, changeant à regret son amour en horreur,
Elle abandonne tout à sa juste fureur.
Elle-même leur dresse une embûche au passage,Se mêle dans les coups, porte partout sa rage,
En pousse jusqu’au bout les furieux effets.
Que vous dirai-je enfin?'Tes Partîtes sont défaits;Le roi meurt, et, dit-on, par la main de la reine;Rodogune captive est livrée à la haine.
Tous les maux qu’un esclave endure dans les fers,Alors sans moi, mon frère, elle les eût soufferts.La reine, à la gêner prenant mille délices,
Ne commettait qu’à moi l’ordre de ses supplices ;Mais, quoi que m’ordonnât cette âme toute enfeu,.le promettais beaucoup, et j’exécutais peu.
Le Parthe cependant en jure la vengeance ;
Sur nous à main armée il fond en diligence, •Nous surprend, nous assiège, et fait un tel effort,Que, la ville aux abois, on lui parle d’accord.
Il veut fermer l’oreille, enflé de l’avantage;
Mais voyant parmi nous Rodogune en otage,
Enfin il craint pour elle et nous daigne écouter;Et c’est ce qu’aujourd’hui l’on doit exécuter.
La reine de l’Égypte a rappelé nos princesPour remettre à l’aîné son trône et ses provinces.Rodogune a paru, sortant de sa prison,
Comme un soleil levant dessus notre horizon.
Le Parthe a décampé, pressé par d’autres guerresContre l’Arménien qui ravage ses terres ;
D’un ennemi cruel il s’est fait notre appui ;
La paix finit la haine, et, pour comble aujourd’hui,Dois-je dire de bonne ou mauvaise fortune?
Nos deux princes tons deux adorent Rodogune.
T1MAGÈNE.
Sitôt qu’ils ont paru tous deux en cette cour,
Ils ont vu Rodogune, et j’âi vu leur amour; [dre,
Mais comme étant rivaux nous les trouvons à plaiu"Connaissant leur vertu je n’en vois rien à craindrePour vous qui gouvernez cet objet de leurs vœux--
LAONICE.
Je n’ai point encor vu qu’elle aime aucun des deux-
TIMAGÈNE.
Vous me trouvez mal propre à cette confidence,Et peut-être à dessein je la vois qui s’avance.Adieu : je dois au rang qu’elle est prête à tenirDu moins la liberté de vous entretenir.
SCÈNE Y.
RODOGUNE, LAONICE.
RODOGUNE.
Je ne sais quel malheur aujourd’hui me menace)Et coule dans ma joie une secrète glace :
Je tremble, Laonice, et te voulais parler,
Ou pour chasser ma crainte ou pour m’en console 1 •1.A0NICE.
Quoi ! madame, en ce jour pour vous si plein & enonoGUNE. [gloire-
Cejour m’en promet tant que j’ai peine à tout croire-J-a fortune me traite avec trop de respect ;
Et 1e trône et l’hymen, tout me devient suspect-L’hymen semble à mes yeux cacher quelque suppl* fe ’Le trône sous mes pas creuser un précipice;
Je vois de nouveaux fers après les miens brisé*)
Et je prends tous ces biens pour des maux déguisés ■Et un mot, je crains tout de l’esprit de la reinf-LAONICE.
La paix qu’elle a jurée en a calmé la haine.RODOGUNE.
La haine entre les grands se calme rarement ;
La paix souvent n’y sert que d’un amusement;
Et, dans l'état où j’entre, a te parler sans tein-Elle a lieu de me craindre, et je crains cette crain tfNon qu’enlin je ne donne au bien des deux étatsCe que j'ai dû de haine à de tels attentats :J’oublie et pleinement toute mon aventure ;
Mais une grande offense est de cette nature)
Que toujours son auteur impute à l’offenséUn vif ressentiment dont il le croit blessé;
Et, quoiqu'en apparence on le réconcilie,
Il le craint, il le hait, et jamais ne s’y lie;
Et, toujours alarmé de cette illusion,
Sitôt qu’il peut le perdre, il prend l’occasion-Telle est pour moi la reine.
laonice. iu) -e
Ab ! madame, J e JQue par ce faux soupçon vous lui faites injuro-Vous devez oublier un désespoir jalouxOù força son courage un infidèle époux.
Si, teinte de son sang et toute furieuse,
Elle vous traita lors en rivale odieuse,L’impétuosité d’un premier mouvement