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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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RODOüUNE,AC

-*e ne m’étonne point de voir que votre haine0lu ' i»e faire coupable a quitté Timagèue.moindre jour ouvert de tout jeter sur moi,r écit s’est trouvé digne de votre foi.

°us ] accusiez pourtant, quand votre âme alarméeignait qu’en expirant ce fils vous eut nommée :

ses derniers mots voyant le sens douteux,

ijui sur un époux fit son apprentissagepu sur un fils achever son ouvrage.

Cra

MahTde

°us avez pris soudain le crime entre nous deux.er tes, si vous voulez passer pour véritablevOe 1 une de nous deux de sa mort soit coupable,- veux bien par respect ne vous imputer rien;ms votre bras au crime est plus fait que le mien;"t qui^ bien

J" " e dénirai point, puisque vous le savez,e justes sentiments dans mon âme élevés :

°us demandiez mon sans ; j’ai demandé le vôtre:^ r ° l s mt quels motifs ont poussé l’une et l’autre ;H lllnie par sa prudence il a tout adouci,

'°us connaît peut-être, et me connaît aussi.

(à Anliochus.)

Sp*

■giieur, c’est un moyen de vous être bien chèreJ? e P°ur don nuptial vous immoler un frère :j, ta it plus; on m’impute un coup si plein d’horreur,0lIt me faire un passage à vous percer lé cœur.

( à Cléopâtre. 10' •

élirais-je de vous après tant de furie,pdame ? et que ferait toute votre Syrie,j " S6u ' e et sans appui contre vos attentats,' er * - ais?...Mais, seigneur, vous ne m’écoutez pas!

'on

ANTIOCHCS-

,T e ’ i e ‘' écoute rien ; et dans la mort d’un frère' eUX P 0 ’ 1 '! juger entre vous et ma mère :,) e ass >nez un fils, massacrez un époux,

' )e ' eux me garder ni d’elle ni de vous.

Pou IV0Us aveuglément ma triste destinée;

Ç| r m ex poser à tout achevons l’hyi

^ frpt'zx __ • i» i.

' frère,‘nain

rrnenee.

Pq ( -’est pour moi le chemin du trépas:

•le a 3111 ‘l 111 t a percé ne m’épargnera pas;p. P| 'che à te rejoindre, et non à m’en dél

’/Mtlivr - J

défendre,

' e,| x bien donner tout lieu de me surprendre :Se f. e " X s ‘ sa fureur qui me prive de toisi'* connaître en achevant sur moi,

S 0tl ' ciel, trop lent à la réduire en poudre,lin, Cr,nie redoublé peut arracher la foudre!

"lez-moi...

"°lK>r,UNE

, l'empêchant de prendre la coupe.

Quoi! seigneur!

h.

"hhez.

AtVTIOCHUS.

Vous m’arrêtez en vain :

EODOGÜNE.

Cett e . • gardez-vous de l’une et l’autre main !

C fai[> (x "‘Pe est suspecte, elle vient de la reine;ï, " ez de toutes deux quelque secrète haine.

E V, SCÈNE IV. 239

CLEOPATRE.

Qui m’épargnait tantôt ose enfin m’accuser?

HO doc. u K E.

l)e toutes deux, madame, il doit tout refuser.

.Te n’accuse personne, et vous tiens innocente;Mais il en faut sur l’heure mie preuve évidente :

Je veux bien à mon tour subir les mêmes lois.

On ne peut craindre trop pour le salut des rois.Donnez donc eette preuve ; et, pour toute réplique,Faites faire un essai par quelque domestique.

CLEOPATRE , prcnaiU la coupe.

Je le ferai moi-même. Eh bien ! redoutez-vousQuelque sinistre effet encor de mon courroux?J’ai souffert cet outrage aveeque patience.

ARTIOCHUS , prenant la coupe des mains de Cléopâtre,apres qu'elle a lm.

Pardonnez-lui, madame, un peu de défiance :Comme vous l’accusez, elle fait son effort,

A rejeter sur vous l’horreur de cette mort ;

Et soit amour pour moi, soit adresse pour elle.

Ce soin la fait paraître un peu moins criminelle.Pour moi, qui ne vois rien, dansletroubleoùjesuis,Qu’un gouffre de malheurs, qu’un abîme d’ennuis,Attendant qu’en plein jour ces vérités paraissent,J’en laisse la vengeance aux dieux qui la connais-Et vais sans plus tarder... [sent,

îionocuiXE.

Seigneur, voyez ses yeuxDéjà tout égarés, troubles et furieux,

Cette affreuse sueur qui court sur sou visage,Cette gorgequi s’enlle.Ah ! bons dieux ! quelle rage!Pour vous perdre après elle, elle a voulu périr.ANT10CHUS, rendant la coupe à Laonicc ou à quelqueautre.

N’importe, elle est ma mère, il faut la secourir.CLÉOPÂTRE.

Va, tu me veux en vain rappeler à la vie ;

Ma haine est trop fidèle, et m’a trop bien servie :Elle a paru trop tôt pour te perdre avec moi ;

C’est le seul déplaisir qu’en mourant je reçoi ;

Mais j’ai cette douceur dedans cette disgrâceDe ne voir point régner ma rivale en ma place.

Règne; de crime en crime enfin te voilà roi.

Je t’ai défait d’un père et d’un frère, et de moi :Puisse le ciel tous deux vous prendre pour victimes,Et. laisser choir sur vous les peines de mes crimesPuissiez-vous ne trouver dedans votre unionQu’horreur, que jalousie, et que confusion !

Et, pour vous souhaiter tous les malheurs ensemble,Puisse naître de vous un fils qui me ressemble !

AKTIOCHUS.

Ah! vivez pour changer eette haine en amour.

CLEOPATRE.

Je maudirais les dieux s ils me rendaient le jour.Qu’on m’emporte d’ici : je me meurs. T.aoniee,

Si tu veux m’obliger par un dernier service,