Il EHACIJÜS
T K A G LC IJ 1 K EN CINQ ACTES.I (>47.
H KM A KO Ulî l)K VOLTAIRE
SIR IN PASSA (! E
CONCERNANT I 1 ÉRACMUS.
^ -<»uis Racine, fils de l’admirable Jean Racine,
-*'t un traité de la poésie dramatique, avec des\ .’ ar< |ues sur les tragédies de son illustre père.Cil' <0lnil ' e s ’ e M )r ' llle sur P Ilêraclius de Cor-
" On croiroit devoir trouver quelque ressem-, s , la, 'e entre Ilêraclius et Athalie, parce qu’il, a 8 *t dans ces pièces de remettre sur un trône,, Sai ’I )<; un prince à qui ce trône appartient, et ce, ç ln, 'e a été sauvé du carnage dans son enfance.„ | ( |* s deux pièces n’ont cependant aucune ressem-" entre elles, non-seulement parce qu’il esta.' <MI différent de vouloir remettre sur le trône< 1 Prince en âge d’agir par lui-même, ou un"b 3,11 l |l ‘it ans, mais parce que Corneille a* et U - son act ' on d'une manière si singulièrea jj. Sl compliquée, que ceux qui l’ont lue plti-'eii S ^°‘ s ’ et; même l’ont vu représenter, ont" à i ° re l 'c la peine à l'entendre, et qu’on se lassela lin
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un (livcrlissermnU qui fait une fatigue.
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''in\ S ^radius, sujet et incidents, tout est de'Pou e, . lt ’ 011 du génie fécond de Corneille, qui,'i„ ( /, Je,Cr de grands intérêts, a multiplié des'il,-dents peu vraisemblables. Croira-t-on unee t , a I )a * ) l e de livrer son propre (ils à la mort,' C *' e 'er sous ce nom le (ils de l’empereur' / Kst-il vraisemblable que deux princes, se
' Par . lnt to,, j (),ll 's tous deux ce qu’ils ne sont pas,' \ e ,. e . e ‘lu’ils ont été changés en nourrice, s'aiment' -1 (I ^"'ent, lorsque leur naissance les oblige à'‘•ester, et même à se perdre? Ces choses ne
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tW, . impossibles; mais on aime mieux le
* ( pie' e '" eux ( l 11 ' »aît de la simplicité d’une action,l ‘elui que peut produire cet amas confus
« d'incidents extraordinaires, l’eu de personnes<> commissent Ilêraclius; et qui ne commit pas« . Ilhalie?
« Il y a d’ailleurs de grands défauts dans liera-» clins. Toute l’action est conduite par un person-« nage subalterne qui n’intéresse point : c’est la« reconnoissance qui fait le sujet, au lieu que la« reconnoissance doit naître du sujet, et causer la« péripétie. Dans Ilêraclius, la péripétie précède« la reconnoissance. La péripétie est la mort de« l’bocas : les deux princes ne sont reconnus« qu’après cette mort ; et comme alors ils n’ont« plus à le craindre, qu’importe au spectateur qui« des deux soit Ilêraclius? Il me paroit donc quen le poète qui s’est conformé aux principes d’Aris-« tote, et qui a conduit sa pièce dans la simplicité« des tragédies grecques, est celui qui a le mieux« réussi. >>
.l’avoue que je ne suis pas de l’avis de M. LouisRacine en plusieurs points. Je crois qu’une mèrepeut livrer son (ils à la mort pour sauver le (ils deson empereur; mais, pour rendre vraisemblableune action si peu naturelle, il faudrait que. lamère eilt été obligée d’en faire serment, qu’elle eutété forcée par la religion, par quelque motif supé-rieur à la nature : or, c’est ce qu’on ne trouve pasdans Y Ilêraclius de Pierre Corneille; Léontinemême est d’un caractère absolument incapabled’une piété si étrange; c’est une intrigante, etmême une très-méchante femme, qui réserve Héra-clius à un inceste : de tels caractères 11e sont pascapables d’une vertu surnaturelle.
Je 11e crois pas impossible qu’Héraelius et Mar-tian aientde l’amitié l’un pour l'autre; je remarque
seulement que cette amitié n’est guère théâtrale,et qu’elle 11e produit aucun de ces grands mouve-ments nécessaires au théâtre.
A l’égard du dénouement, je crois que le critiquea entièrement raison ; mais je ne conçois pas com-ment il a voulu faire une comparaison A Athalieet <Y Ilêraclius, si ce n’est pour avoir une occa-sion de dire q W Ilêraclius lui parait un mauvaisouvrage.