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I1ÉRACLI US.
II faut bien pourtant qu’il y ait de grandesbeautés dans Iléraclius, puisqu’on le joue toujoursavec applaudissement, quand il se trouve desacteurs convenables aux rôles.
Les lecteurs éclairés se sont aperçus sans doutequ’une tragédie écrite d’un .style dur, inégal, rem-pli de solécismes, peut réussir au théâtre par lessituations, et qu’au contraire une pièce parfaite-ment écrite peut n’être pas tolérée à la représenta-tion. Esther, par exemple, est une preuve de cettevérité : rien n’est plus élégant, plus correct, quele style A’Eseher; il est même quelquefois tou-chant et sublime : mais quand cette pièce fut jouéeà Paris, elle ne lit aucun effet ; le théâtre fut bien-tôt désert. C’est sans doute que le sujet est bienmoins naturel, moins vraisemblable, moins inté-ressant que celui {['Iléraclius. Quel roi qu’Assué-rus, qui ne s’est pas fait informer, les six premiersmois de son mariage, de quel pays est sa femme ;qui fait égorger toute une nation, parce qu’unhomme de cette nation n’a pas fait la révérence àson visir; qui ordonne ensuite à ce visir de menerpar la bride le cheval de ce môme homme, etc. !
Le fond A'Iléraclius est noble , théâtral, atta-chant; et le fond A'Esther n’était fait que pour despetites filles de couvent, et pour flatter madamede Maintenon.
A MONSEIGNEUR SÉGUIER,
CHANCEIIER DE FRANCE.
Monseigneur,
Je sais que cette tragédie n’est pas d’un genreassez relevé pour espérer légitimement que vous ydaigniez jeter les yeux, et que, pour offrir quelquechose à Votre Grandeur qui n’en fût pas entière-ment indigne, j’aurais eu besoin d’une parfaitepeinture de toute la vertu d’un Caton ou d’un Sé-nèque ; mais comme je tâchais d’amasser des forcespour ce grand dessein, les nouvelles faveurs quej’ai reçues de vous m’ont donné une juste impa-tience de les publier; et les applaudissements quiont suivi les représentations de ce poème m’ontfait présumer que sa bonne fortune pourrait sup-pléer à son peu de mérite. La curiosité que sonrécit a laissée dans les esprits pour sa lecture m’aflatté aisément, jusques à me persuader que je nepouvais prendre une plus heureuse occasion de leurfaire savoir combien je vous suis redevable ; et j’aiprécipité ma reconnaissance, quand j’ai considéréqu’autant qué je la différerais pour m’en acquitterplus dignement, autant je demeurerais dans les ap-parences d’une ingratitude inexcusable envers vous.Mais quand même les dernières obligations que jevous ai ne m’auraient pas fait cette glorieuse vio-
lence, il faut que je vous avoue ingénument que I e *
intérêts de ma propre réputation m’en imposai?"une très-pressante nécessité. Le bonheur de ll,eSouvrages ne la porte en aucun lieu où elle ne ô emeure fort douteuse, et où l’on ne se délie,raison , de ce qu’en dit la voix publique, P al 'qu’aucun d’eux n’y fait connaître l’honneur <l lj’ai d’être connu de vous. Cependant on sait P 1 ^toute l’Europe l’accueil favorable que Votre G ra, ' sdeur fait aux gens de lettres ; que l’accès aup^de vous est ouvert et libre à tous ceux q" esciences ou les talents de l’esprit élèvent au-desdu commun; que les caresses dont vous les l'O'j^rez sont les marques les plus indubitables etplus solides de ce qu’ils valent ; et qu’enfm nos P ^belles muses, que feu monseigneur le cardinal
Richelieu avait choisies de sa main pour enposer un corps tout d’esprit, seraient encore
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solubles de sa perte, si elles n’avaient trouveVotre Grandeur la même protection qu’elles 1contraient chez Son Éminence. Quelle app are ^donc qu’en quelque climat où notre langueavoir entrée, on puisse croire qu’un homme " ie tquelque véritable estime, si ses travaux n’v P 01 ^les assurances de l’état que vous en faites danshommages qu’il vous en doit? Trouvez bon, ’seigneur, que celui-ci, plus heureux que le reste ^miens, affranchisse mon nom de la honte ne v0l .‘ (lfavoir point encore rendu, et que, pour affer" fSpeu de réputation qu’ils m’ont acquis, il ^^iitlecteurs d’un doute si légitime, en leurapp 1 ®non-seulement que je ne vous suis pas tou* * ^inconnu, mais aussi même que votre bonté " e )ll( .edaigne pas de répandre sur moi votre bien'? 1 ‘ ^et vos grâces : de sorte que, quand votre ve ^ eSme donnerait pas toutes les passions imag 1 ‘ fll] spour votre service, je serais le plus ingrat .les hommes, si je n’étais toute ma vietrès-ve r * ‘^jj.ment, Monseigneur, votre très-humble, tres-sant, et très-fidèle serviteur,
COHNEII-1'E-
AU LECTEUR.
Voici une hardie entreprise sur rhist" ir ’ f () . ;1 -vous ne reconnaîtrez aucune chose dans *- pl irsgédie, que l’ordre de la succession des eal J^isilETibère, Maurice, Pliocas, et Iléraclius. 1 a \,la naissance de ce dernier; mais ce nasa faveur, et pour lui en donner une plus .jle faisant fils de l’empereur Maurice, * , ' e ? ne ni' 1 ”le fût que d’un préteur d’Afrique du jg si' 11que lui. J’ai prolongé la durée de 1 enl ^' ( j on iié 11,1prédécesseur de douze années, et lut ai . sS eii'fils, quoique l’histoire n’en parle point’ a
lement d’une fille nommée Doinitia, f l 111 ^,, 1 ? ^un Priscus ou Crispus. J’ai prolonge < e