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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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II ÉKACLTUS, AC

^ *1 '"Oit monter la sœur dans le troue du père. [Mars,

- ais pressez cet hymen : le prince aux champs de'•haque jour, chaque instant, s’offre à mille ha-11 ®ût été Léonce, en la dernière guerre, [sards ;

Æ dessein avec lui serait tombé par terre,

^ "tsque, sans la valeur de ce jeune guerrier,

'"tian demeurait ou mort ou prisonnier.

A'ant que d’y périr, s’il faut qu’il y périsse,v.a il vous laisse un neveu qui le soit de Maurice,( Jui, réunissant l’une et l’autre maison,lre chez vous l’amour qu’on garde pour son nom.

PHOCAS.

If elas! de quoi me sert ce dessein salutaire,

. 1 Pour en voir l’effet tout me devient contraire?"'chérie, et mon fils ne. se montrent d’accordfuir cet hyménée à l’égal de la mort ;

•t les aversions entre eux deux mutuellesf ' es font d’intelligenee à se montrer rebelles.Princesse surtout frémit à mon aspect ;quoiqu'elle étudie un peu de faux respect,j'f souvenir des siens, l’orgueil de sa naissance,

’ e,| iporte à tous moments à braver ma puissance.

Ni inéi‘o ...... i--- --.

Pt

"lere, que longtemps je voulus épargner,

j .} ‘l’i’en vain par douceur j’espérai de gagner,

“ a de la sorte instruite; et ce que je vois suivree Punit bien du trop que je la laissai vivre.

. CB1SPE.

| :u it agir de force avec de tels esprits,

‘ "‘SUeur ; et qui les flatte endurcit leurs mépris :■u violence est juste où la douceur est vaine.

0 , PIIOCAS.

parla qu’aujourd’hui je veux dompter sa haine.

n ! a ' l,1; mdée exprès, non plus pour la flatter,ais Pour prendre mon ordre et pour 1

i exeeuter.

Plie

entre.

CBISPE.

SCÈNE II.

PHOCAS, PULCHÉRIE, CRISPE.

PHOCAS.

j Enfin, madame, il est temps de vous rendre.lj < 'i''(‘soiu de l’état défend de plus attendre ;faut des Césars, et je me suis promis"u voir naître bientôt de vous et de mon fils.

1 est pas exiger grande reconnaissance\)T SOllls ( I ,le nlcs f )0n fés ont pris de votre enfance,y’ 'uuloîr qu'aiijourd’bui, pour prix de mes liien-t j a,ls daigniez accepte ries dons que je \ousfais. [faitslle font point de honte au rang le plus sublime ;l p a< "‘U’onne et mon fils valentbien quelque estime :■q '° Us les offre encore après tant de refus;q* is "hprenez aussi ([ue je n'en souffre plus ;Q u f;de force ou de gré je me veux satisfaire; [père,p d "ie faut craindre en maître, ou me chérir en( l Ue , si votre orgueil s'obstine à me luiir,

TE I, SCÈNE TI 247

Qui ne peut être aimé se peut faire obéir.

PCLCHÉlUE.

J’ai rendu jusqu’ici cette reconnaissanceA ces soins tant vantés d’élever mon enfance,Que, tant qu’on m’a laissée en quelque liberté,J’ai voulu me défendre avec civilité;

Mais, puisqu'on use enfin d’un pouvoir tyrannique,Je vois bien qu’à mon tour il fautqueje m’explique,Que je me montre entière à l’injuste fureur,

Et parle à mon tyran en fille d’empereur.

Il fallait me cacher avec quelque artificeQue j’étais Pulchérie et fille de Maurice,

Si tu faisais dessein de m’éblouir les yeuxJusqu'à prendre tes dons pour des dons précieux.Vois quels sont ces présents, dont le refus t’étonne :Tu me donnes, dis-tu, ton fils et ta couronne ;Mais que me donnes-tu, puisque l'une est à moi,Et l'autre en est indigne, étant sorti de toi?

Ta libéralité me fait peine à comprendre :

Tu parles de donner, quand tu ne fais que rend, c ;Et puisqu’aveeque moi tu veux le couronner,

Tu ne me rends mon bien que pour te le donner.Tu veux que cet hymen que tu m’oses prescrirePorte dans ta maison les titres de l’empire,

Et de cruel tyran, d’infâme ravisseur,

Te fasse vrai monarque, et juste possesseur.

Ne reproche donc plus à mon âme indignéeQu’en perdanttouslesmienstu m’asseuleêpargnée:Cette feinte douceur, cette ombre d’amitié,

Vint de ta politique, et non de ta pitié.

Ton intérêt dès lors fit seul cette réserve :

Tu m'as laissé la vie afin qu’elle te serve;

Et mal sûr dans un trône où tu crains l’avenir.

Tu ne m’y veux placer que pour t'y maintenir;

Tu ne m’y fais monter que de peur d’en descendre :Mais connais Pulchérie, et cesse de prétendre.

.Te sais qu’il m’appartient ce trône où tu te sieds,Que c’est à moi d’y voir tout le monde à mes pieds;Mais comme il est encor teint du sang de mon père,S’il n’est lavé du tien, il ne saurait me plaire;

Et ta mort, que mes vœux s’efforcent de bâter,

Est l’unique degré par où j’y veux monter :

Voilà quelle je suis, et quelle je veux être.

Qu'un autre t’aime en père, ou te redoute en maître,I,e cœur de Pulchérie est trop haut et trop francPour craindreou pour flatter lebourreau deson sang.PHOCAS.

J’ai forcé ma colère à te prêter silence,

Pour voir à quel excès irait ton insolence :

J’ai vu ce qui t’abuse et me fait mépriser,

Et t’aime encore assez pour te désabuser.

N’estime plus mon sceptre usurpé sur ton père,Ni que pour l’appuyer ta main soit nécessaire.Depuis vingt ans je règne, et je règne sans toi ;

Et j’en eus tout le droit du choix qu on fit de moi.Le trône où je me sieds n’est pas un bien de race :

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