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Il É K AC LUT S, ACTE I, SCÈNE I.
sœur; ce qui, n'étant jamais vraisemblable, doitavoir l’autorité de l’histoire ou de l’opinion com-mune pour être cru : si bien qu’il n’est pas permisd'inventer un sujet de cette nature. C’est la raisonqu’il donne de ce que les anciens traitaient presqueles mêmes sujets, d’autant qu’ils rencontraient peude familles où fussent arrivés de pareils désordres,qui font les belles et puissantes oppositions du de-voir et de la passion.
Ce n’est pas ici le lieu de m’étendre plus au longsur cette matière : j’en ai dit ces deux mots en pas-sant, par une nécessité de me défendre d’une ob-jection qui détruirait tout mon ouvrage, puisqu’elleva en saper le fondement, et non par ambitiond’étaler mes maximes, qui peut-être ne sont pas gé-néralement avouées des savants. Aussi ne donné-jeici mes opinions qu’à la mode de M. de Montaigne,non pour bonnes, mais pour miennes. Je m’en suisbien trouvé jusqu’à présent; mais je ne tiens pasimpossible qu’on réussisse mieux en suivant lescontraires.
PERSONNAGES.
PHOCAS, empereur (l'Orient.
1IÉKACLIUS, fils de l’empereur Maurice, cru Marlian, filsîle Phocas, amant d’Eudoxe.
MAItTIAN, fils de Phocas, cru Léonce, fils de Léontine,amant de Pulchérie.
PUXllfAUE, fille de V empereur M.-iurice, maîtresse deMarlian.
LÉONTINE, dame de Conslanlinople, autrefois gouvernanted’Héracliiis et de Marlian.
KUDOXE, fille de Léontine, ei maîtresse d’Iléraclius.
CRISPE, gendre de Phocas.
KXl’PÈUE, patricien de Constantinople.
AMINTAS, ami d’Exupère.
I n page de Léontine.
La scène est à Constantinople.
ACTE PREMIER.
SCÈNE PREMIÈRE.
PHOCAS, CRISPE.
PHOCAS.
Crispe, il n’est que trop vrai, la plus belle couronneN’a que de faux brillants dont l’éclat l'environne;Et celui dont le ciel pour un sceptre fait choix,Jusqu’à ce qu’il le porte, en ignore le poids.
Mille et mille douceurs y semblent attachées,
Qui ne sont qu’un amas d’amertumes cachées :Qui croit les posséder les sent s’évanouir;
Et la peur de les perdre empêche d’en jouir :
Surtout qui, comme moi, d'une obscure naissantMonte par la révolte à la toute-puissance,
Qui de simple soldat à l’empire élevéNe l’a que par le crime acquis et conservé;Autant que sa fureur s’est immolé de têtes,Autant dessus la sienne il croit voir de teinpc te5 ’Et comme il n’a semé qu’épouvante et qu’horrei"'II n’en recueille enfin que trouble et que terré 111 •J’en ai semé beaucoup; et depuis quatre lusti' eSMon trône n’est fondé que sur des morts illusti^’Et j’ai mis au tombeau, pour régner sans effr 01 ’Tout ce que j’en ai vu de plus digne que moi-Mais le sang répandu de l’empereur Maurice,
Ses cinq fils à ses yeux envoyés au supplice,
En vain en ont été les premiers fondements,
Si pour m’ûler ce trône ils servent, d’instrume»On en fait revivre un au bout de vingt années •Rysance ouvre, dis-tu, l’oreille à ces menées;
Et le peuple, amoureux de tout ce qui me me r >D’une croyance avide embrasse ce faux bruit,
Impatient déjà de se laisser séduireAu premier imposteur armé pour me détruiraQui s’osant revêtir de ee fantôme aimé,
Voudra servir d’idole à son zèle charmé. .Mais sais-tu sous quel nom ce fâcheux bruit s’e*cmsi’E.
Il nomme lléraelius celui qu’il ressuscite.
phocas. tf f.
Quiconque eu est l’auteur devait mieux l’io' enI.e nom d’Iiéraclius doit peu m’épouvante 1 ”’ ,,]eSa mort est trop certaine, et fut trop reinavq'Pour craindre un grand effet d’une si vain®
Il n’avait que six mois ; et, lui perçant le 1,1On en fit dégoutter plus de lait que de sang > fiEt ce prodige affreux, dont je tremblai dans 1 *’Fut aussitôt suivi de la mort de ma femme-Il me souvient encor qu’il fut deux jours cac L.Et que sans Léontine on l’eût longtemps el' eIl fut livré par elle, à qui, pour récompense.
Je donnai de mon fils à gouverner l'enfance.
Du jeune Martian, qui d’âge presque égal,
Etait resté sans mère en ce moment fatal-Juge par là combien ce conte est ridicule-
C1USPE ' ,, ](>•Tout ridicule, il plaît, et le peuple est cre<n ’
Mais avant qu’à ce conte il se laisse emp° r
Il vous est trop aisé de. le faire avorter.
Quand vous fîtes périr Maurice et saIl vous en plut, seigneur, réserver une
fam
fille,
ille,
Et résoudre dès lors qu’elle aurait pour ép°
et rev
,-ère
Ge prince destiné pour régner après vousLe peuple en sa personne aime encoreEt son père Maurice et son aïeul Tibère,
Et vous verra sans trouble en occuper le ran | an g.S’il voit tomber leur sceptre au reste de let ,rNon, il ne courra plus après l’ombre du frété,