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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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2.V9

11É U A CL I'US,

ACTE 1, SCÈNE IV.

SCÈNE III.

PHOCAS, PULCHÉRIE, HÉRACLIUS, CRISPE.

(En ces deux scènes, lléraclius passe pour Marlian , et Mar-,la n pour Léonce ; Héraclius se connaîl, niais Marlian neSc connaîl pas.)

PHOCAS, à Pulcliéric.

n is, si tu veux encor, que ton cœur le souhaite.

(à Héraclius.)

Approche, Martian, que je te le répète :

Cette ingrate furie, après tant de mépris,Conspire encor la perte et du père et du (ils :Clle-nicine a semé'cette erreur populaireH’un faux Héraclius qu'elle accepte pour frère;Mais quoi qu’à ces mutins elle puisse imposer,demain ils la verront mourir, ou t’épouser.

HÉRACLIUS.

Soigneur...

phocas.

Garde sur toi d’attirer ma colère.

HÉRACLIUS.

Ijussé-je mal user de cet amour de père,

Plant ce que je suis, je me dois quelque, effortP°ur vous dire, seigneur, que c’est vous faire tort,Pl que c’est trop montrer d’injuste défianceHé ne pouvoir régner que par son alliance :

S ans prendreun nouveau droit du nom de son époux,''a naissance suffit pour régner après vous.

■P oi du cœur, et tiendrais l’empire même infâme^*1 fallait le tenir de la main d’une femme.

PHOCAS.

Ph bien ! elle mourra, tu n’en as pas besoin.

HÉRACLIUS. [soin.

P* e vous-même, seigneur, daignez mieux prendreP ( ‘ Peuple aime Maurice; en perdre ce qui resteAous rendrait ce tumulte au dernier point funeste.An nom d’IIéraclius à demi soulevé,

^ 0l| s verriez par sa mort le désordre achevé.

P 'aut mieux la priver du rang qu’elle rejette,aire régner une autre, et la laisser sujette ;

A d’un parti plus lias punissant son orgueil...

PHOCAS.

Q'*and Maurice peut tout du creux de son cercueil,A ce fils supposé, dont il me faut défendre,

* u parles d’ajouter un véritable gendre !

HÉRACLIUS.

’ e 'gneur, j’ai des amis chez qui cette moitié...

PHOCAS.

p '"preuve d’un sceptre il n’est point d’amitié,p°'nt qui ne s’éblouisse à l’éclat de sa pompe,l "'nt qu’après son hymen sa haine ne corrompe,mourra, te dis-je.

PULCHÉUIE , à Héraclius.

^ Ali ! ne m’empêchez pas

I ’ '‘''joindre les miens par un heureux trépas,'apeur de mon sang ira grossir la foudre

Que Dieu tient déjà prête à le réduire en poudre ;Et ma mort,en servant de comble à tant d'horreurs...

PHOCAS.

Par ses remercîments juge de ses fureurs.

.l’ai prononcé l’arrêt, il laut que 1 etlet suive.Résous-la de t’aimer, si tu veux qu’elle vive :Sinon, j’en jure encore, et ne t’écoute plus,

Son trépas dès demain punira ses refus.

SCÈNE IV.

PULCHÉRIE, HÉRACLIUS, MARTIAN.

HÉRACLIUS.

En vain il se promet que, sous cette menace,J’espère en votre cœur surprendre quelque place :Votre refus est juste, et j’en sais les raisons.

Ce n’est pas à nous deux d’unir les deux maisons;D’autres destins, madame, attendent l’un et l’autre :Ma foi m’engage ailleurs aussi bien que la vôtre.Vous aurez en Léonce un digne possesseur;

Je serai trop heureux d’en posséder la sœur.

Ce guerrier vous adore, et vous l’aimez de même ;Je suis aimé d’Eudoxe autant comme je l’aime.Léontine leur mère est propice à nos vœux ; [nœuds,Et quelque effort qu’on fasse à rompre ces beauxD’un amour si parfait les chaînes sont si belles,Que nos captivités doivent être éternelles.PULCHÉRIE.

Seigneur, vous connaissez ce cœur infortuné :Léonce y peut beaucoup ; vous me l’avez donné,Et votre main illustre augmente le mériteDes vertus dont l’éclat pour lui me sollicite ;

Mais à d’autres pensers il me faut recourir :

II n’est plus temps d’aimer alors qu’il faut mourir ;Et quand à ce départ une âme se prépare...

HÉRACLIUS.

Redoutez un peu moins les rigueurs d’un barbare :Pardonnez-moi ce mot; pour vous servir d’appuiJ’ai peine à reconnaître encore un père en lui.Résolu de périr pour vous sauver la vie,

Je sens tous mes respects céder à cette envie ;

Je ne suis plus son fils, s il eu veut a vos jours,

Et mon cœur tout entier vole à votre secours.PULCHÉRIE.

C’est donc avec raison que jecommence à craindre,Non la mort, non l’hymen où l’on veut me contrain-Mais ce péril extrême où pour me secourir [dre,Je vois votre grand cœur aveuglément courir.

MARTIAN.

Ali! mon princelah! madame! il vaut mieux vousré-Par un heureux hymen,à dissiper ce foudre, [soudre,Au nom de votre amour et de votre amitié,Prenez de votre sort tous deux quelque pitié.

Que la vertu du fils, si pleine et si sincère,Vainque la juste horreur que vous avez du pere,Et, pour mon intérêt, n’exposez pas tous deux...