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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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Il É II A C L1 U S, ACTE IV, SCÈNE 1.

Ne soyez point vers moi fidèles à demi :

Résolvez avec moi des moyens de sa perte :

La ferons-nous secrète, ou bien à force ouverte ?Prendrons-nous le plus silr ou le plus glorieux ?

exui’Ère. [mieux;

Seigneur, n’en doutez point, le plus silr vaut leMais le plus silr pour vous est que sa mort éclate,De peur qu’en l’ignorant le peuple ne se datte,N’attende encor ce prince, et n’ait quelque raisonDe courir en aveugle à qui prendra son nom.

l’HOCAS.

Donc, pour ôter tout doute à cette populace,

Nous enverrons sa tête au milieu de la place.

EXUPÈRE.

Niais si vous la coupez dedans votre palais,

Ces obstinés mutins ne le croiront jamais;

Et, sans que pas un d’eux à son erreur renonce,Ils diront qu’on impute un faux nom à Léonce,Qu’on eu fait un fantôme aliu de les tromper,Prêts à suivre toujours qui voudra l’usurper.

l’IlOCAS.

[.ors nous leur ferons voir ce billet de Maurice.

EXUPÈRE.

Ils le tiendront pour faux, et pour un artifice :Seigneur, après vingt ans vous espérez en vainQue ce peuple ait des yeux pour connaître sa main.Si vous voulez calmer toute cette tempête,

Il faut en pleine place abattre cette tête,

Et qu’il dise, en mourant, à ce peuple confus ;

« Peuple, n’en doute point, je suis Héradius. »

PI10CAS.

11 le faut, je l’avoue; et déjà je destineA ce même échafaud l’infilme Léontine.

.Mais si ces insolents l'arrachent de nos mains?

EXUI’ÈRE.

Qui l’osera, seigneur?

l’UOCAS.

Ce peuple que tu crains.

EXUI’ÈRE.

Ali! souvenez-vous mieux des désordres qu'enfanteDans un peuple sans chef la première épouvante.Le seul bruit de ce prince au palais arrêtéDispersera soudain chacun de son côté;

Ces plus audacieux craindront votre justice,

Et le reste en tremblant ira voir son supplice.

Niais ne leur donnez pas, tardant trop à punir,

Ce temps de se remettre et de se réunir :

Envoyez des soldats à chaque coin des rues;Saisissez l’Hippodrome avec ses avenues;

Dans tous les lieux publics rendez-vous le plus fort.Pour nous, qu’un tel indice intéresse à sa mort,

De peur que d'autres mains ne se laissent séduire,

J asques à l'échafaud laissez-nous le conduire.

mis aurons trop d’amis pour en venir à bout;.l'en réponds sur ma tête, et j’aurai l’œil à tout.

l’HOC vs.

C’en est trop, Exupère: allez, je m’abandonne

Aux fidèles conseils que votre ardeur me donne.C’est l’unique moyen de dompter nos mutins,

Et d’éteindre à jamais ces troubles intestins.

Je vais, sans différer, pour cette, grande affaireDonner à tous mes chefs un ordre nécessaire.Vous, pour répondre aux soins que vous m’avez pr«'Allez de votre part assembler vos amis, [n 1)S ’Et croyez qu’après moi, jusqu’à ce que j’expire,

Ils seront, eux et vous, les maîtres de l’empiré.

SCÈNE V.

EXUPÈRE, AMINTAS.

EXUI’ÈRE.

Nous sommes en faveur, ami, tout est à nous:L’heur de notre destin va faire des jaloux.

AMINTAS.

Quelque allégresse ici que vous fassiez paraître. ^Trouvez-vous doux les noms de perfide et de trait' •' ■EXUI’ÈRE.

Je sais qu’aux généreux ils doivent faire horreur,Ils m’ont frappé l’oreille, ils m’ont blessé le cœur-Mais bientôt, par l’effet que nous devons attend' 6 ’Nous serons en état de ne les plus entendre.Allons; pour un moment qu’il faut les endurer,Ne fuyons pas les biens qu’ils nous font esp 6 ' 61 '

ACTE QUATRIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

1IÉRACLIUS, EUDOXE.

Il ER ACEI US.

Vous avez grand sujet d’appréhender pour ell 6 ■Pliocas au dernier point la tiendra criminel! 6 ’Et je le connais mal, ou, s'il la peut trouver,

11 n’est moyen humain qui puisse la sauver.

Je vous plains, chère Eudoxe,et non pas votre mElle a bien mérité ce qu’a fait Exupère;

H trahit justement qui voulait me trahir.

EUDOXE.

vous

haïr»

Vous croyez qu’à ce point elle ait puVous pour qui son amour a forcé la nature.’’HÉHACLIUS.

Comment voulez-vous donc nommer son in'l )0S,l ^ 1M'empêcher d’entreprendre, et,par un faux rapPConfondre en Martian et mon nom et mon so'LAbuser d’un billet que le hasard lui donne;Attacher de sa main mes droits à sa personne,

Et le mettre en état, dessous sa bonne foi,

De régner en ma place, ou de périr poi"

moi