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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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IIÉRACLIUS, ACTE III, SCÈNE IV.

Et

suis trop au-dessus de cette indignité

Pour te vouloir piquer de générosité.

Que ferais-tu pour moi de me laisser la vie,

^ pour moi sans le trône elle n’est qu’infamie?Gradins vivrait pour te faire la cour!

Pends-lui, rends-lui son sceptre, ou prive-ledti jour.Pour ton propre intérêt sois juge incorruptible :"P' 1 ' ie avec, la mienne est trop incompatible :

Pu si grand ennemi ne peut être gagné,

Pt je te punirais de m’avoir épargné.

^ de ton 111s sauvé j’ai rappelé l’image,a i voulu de Léonce étaler le courage,

Ul 'o qu’en le voyant tu ne doutasses plusPtsques où doit aller celui d’Héraclius.

Pe me tiens plus heureux de périr en monarque,Que de vivre en éclat sans en porter la marque;

Et

Puisque, pour jouir d’un si glorieux sort,

,e u’ai que ce moment qu’on destine à ma mort,' ,e Pt rendrai si belle et si digne d’envie,vue ce moment vaudra la plus illustre vie.

' 1 }' faisant donc conduire, assure ton pouvoir,u délivre mes yeux de l’horreur de te voir.

v PHOCAS.

|, (l|ls verrons la Vertu de cette âme hautaine,■utes-le retirer en la chambre prochaine, [choixp ,,s I ,e ; et qu'on me l’y garde, attendant que mon° l| r punir son forfait vous donne d’autres lois.

, NIARTIÂN, à Pulcliérie.

jj ei b uiadaine, adieu, je n’ai pu davantage.

j a "'oi t vous va laisser encor dans l'esclavage :

■u (; iel par d’autres mains vous en daigne affranchir!

SCÈNE III.

imiocas, ptilcijéme, kxupère,

AM INTAS.

p t PllOCAS.

j to b n’espère pas désormais me fléchir,jij lléradius, et n’ai plus rien à craindre,liei ‘ de te flatter, plus lieu de me contraindre,jq 'ere pf ton espoir vont entrer au cercueil,

Hj '! ul’attrai d’un coup sa tête et ton orgueil,t . "ete contrains point, dans ces rudes alarmes;Sse aller tes soupirs, laisse couler tes larmes.

PUI.CHK1UE.

Sj ’ Pleurer! moi, gémir, tyran ! .l’aurais pleuréS’ i | <iU , el(, ues lâchetés l’avaient déshonoré,

S’il " f )as emporté sa gloire tout entière,

^ 111 ava it fait rougir par la moindre prière,

C'it ' e , ( l Ue infinité espoir (|u’on lui dût pardonnerSa v lller ité la mort que tu lui vas donner.

1] ^, ertu jusqu’au bout ne s’est point démentie.

^iiitit 1 M ' S * e c ' e ' n * ' e sort ;l pcirt ie,l' 0 j 'T'exilé le bras qui fait ces lâches coups,daigné contre lui perdre un juste courroux.

Sans te nommer ingrat, sans trop le nommer traître,De tous deux, de soi-même il s’est montré le maître ;Et dans cette surprise il a bien su courirA la nécessité qu’il voyait de mourir.

Je goûtais cette joie en un sort si contraire.

Je l’aimai connue amant, je l’aime comme frère;Et dans ce grand revers je l’ai vu hautementDigne d’être mon frère, et d’être mon amant.

PHOCAS.

Explique, explique mieux le fond de ta pensée;Et, sans plus te parer d’une vertu forcée,

Pour apaiser le père, offre le cœur au fils,

Et tâche >à racheter ce cher frère à ce prix.

PULCHÉIUE.

Crois-tu que sur la foi de tes fausses promessesMon âme ose descendre à de telles bassesses?Prends mon sang pour le sien ; mais, s’il y faut monPérisse lléradius avec sa triste sœur! [cœur,

PHOCAS.

Eh bien ! il va périr; ta haine en est complice.

PULCI1ÉBIE.

Et je verrai du ciel bientôt choir ton supplice.Dieu, pour le réserver à ses puissantes mains,E’ait avorter exprès tous les moyens humains:

Il veut frapper le coup sans notre ministère.

Si l’on t’a bien donné Léonce pour mon frère,

T,es quatre autres peut-être, à tes yeux abusés,Ont été comme lui des Césars supposés.

J/état, qui, dans leur mort voyait trop sa ruine,Avait des généreux autres que Léontine ;

Ils trompaient d’un barbare aisément la fureur,Qui n’avait jamais vu la cour ni l’empereur.Crains, tyran, crains encor tousles quatre peut-être:J/un après l’autre enfin se vont faire paraître ;

Et, malgré tous tes soins, malgré tout ton effort,Tu ne les connaîtras qu’en recevant la mort.Moi-même, à leur défaut, je serai la conquêteDe quiconque à mes pieds apportera ta tête ;J/esclave le plus vil qu’on puisse imaginerSera digne de moi, s’il peut t’assassiner.

Va perdre Héraclius, et quitte la penséeQue je me pare ici d’une vertu forcée;

Et, sans m’importuner de répondre à tes vœux,

Si tu prétends régner, défais-toi de tous deux.

SCÈNE IV.

PHOCAS, EXUPÈRE, AMINTAS.

PHOCAS.

J’écoute avec plaisir ces menaces frivoles ;

Je ris d’un désespoir qui.n’a que des paroles;

Et, de quelque façon qu’elle m’ose outrager,

Le sang d’IIéracliùs m’en doit assez venger.

Vous donc, mes vrais amis, qui me tirez de peine ;Vous, dont je vois l’amour quand j’en craignais laVous, qui m’avez livré mon secret ennemi, [lutine,

1T