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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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11ÈR ACLIliS,

J^ e ce prince à sa fille elle assure les vœux ;

Et

son ambition, adroite à le séduire,

e plonge en une erreur dont elle attend l’empire.Ee n'est que d’aujourd’hui queje sais qui je suis;l; iis de mon ignorance elle espérait ces fruits,me tiendrait encor la vérité cachée,

‘ 1 tantôt ce hillet ne l’en eut arrachée.

La

Eli,

Eu

PHOCAS.

méchante l’abuse aussi bien que Phocas.

EXUPÈItE.

e a pu l’abuser, ou ne l’abuser pas.

PHOCAS.

'ois comme la fille a part au stratagème.

EXUPÈItE.

Et que la mère a pu l’abuser elle-même.

PHOCAS.

de pensers divers! que de soucis flottants !

EXUPÈItE.

' e 'ous en tirerai, seigneur, dans peu de temps.

PHOCAS.

ls 'inoi, tout est-il prêt pour ce juste supplice ?

EXUPÈItE.

111 ' si nous connaissions le vrai fils de Maurice.

p IlÉUACLIUS.

°tt'ez-vous en douter après ce que j’ai dit?m Ann an.

oiinez-vous à l’erreur encor quelque crédit?

11ÉBACE1US, à Marlian.

'; l11 i,rends-moi mon nom : la faveur n’est pasgran-p n’est que pour mourir que je te le demande, [de ;Reprends ce triste jour que tu m'as racheté,'ends-moi cet honneur que tu m’as presque ôté.

MARTIAN.

°yrquoi, de mon tyran volontaire victime,

*'écipiter vos jours pour me noircir d’un crime?j 'nice, qui que je sois, j’ai conspiré sa mort,

"os noms au dessein donnent un divers sort:

^ 'dans Iléraclius il a gloire solide,dedans Martian il devient parricide.

Co-

ll,

Cu)

En

'nsqu’ii faut queje meure illustre, ou criminel,^°nvert ou (le louange, ou d’opprobre éternel,souillez point ma mort, et ne veuillez pas faireu vengeur de l’empire un assassin d’un père.

> HÉIIACI.IUS.

p°n nom seul est coupable, et, sans plus disputer,,,° u r te faire innocent tu n’as qu’à le quitter;

ACTE IV, SCENE IV.

J’ai voulu conspirer, mais on m’a retenu;

Et dedans mon péril Léontine timide...

MARTIAN.

N’a pu voir Martian commettre un parricide.

HÉIIACLIUS.

Toi, que de Pulchérie elle a fait amoureux,

Juge sous les deux noms ton dessein et tes feux,Elle a rendu pour toi l’un et l’autre funeste,Martian parricide, Iléraclius inceste, [fait,

Et n’eut pas eu pour moi d’horreur d’un grand for-Puisque dans ta personne elle en pressait l’effet.Mais elle m'empêchait de hasarder ma tête,Espérant par ton bras me livrer ma conquête.

Ce favorable aveu dont elle t’a séduitT’exposait aux périls pour m’en donner le fruit;

Et c était ton succès qu’attendait sa prudence,Pour découvrir au peuple ou cacher ma naissance.PHOCAS.

Hélas ! je ne puis voir qui des deux est mon fils ;

Et je vois que tous deux ils sont mes ennemis.

En ce piteux état quel conseil dois-je suivre?

J’ai craint un ennemi, mon bonheur me le livre ;Je sais que de mes mains il ne peut se sauver,

Je sais que je le vois et ne puis le trouver.

La nature tremblante, incertaine, étonnée,

D’un nuage confus couvre sa destinée :

L’assassin sous cette ombre échappe à ma rigueur,Et, présent à mes yeux, il se cache en mon cœur.Martian ! A ce nom aucun ne veut répondre,

Et l'amour paternel ne sert qu’à me confondre.Trop d’un Iléraclius en mes mains est remis;

Je tiens mon ennemi, mais je n’ai plus de fils.

Que veux-tu donc, nature, et que prétends-tu faire?Si je n’ai plus de fils, puis-je encore être père?

De quoi parle à mon cœur ton murmure imparfait?Ne me dis rien du tout, ou parle tout à fait.

Qui que ce soit des deuxque mon sang ait fait naître,Ou laisse-moi le perdre, ou fais-le-moi connaître.

O toi, qui que tu sois, enfant dénaturé,

Et trop digne du sort que tu t’es procuré, [plice?Mon trône est-il pour toi plus honteux qu’un sup-O malheureux Phocas! ô trop heureux Maurice!Tu recouvres deux fils pour mourir après toi,

Et je n’en puis trouver pour régner après moi!Qu’aux honneurs de ta mort je dois porter envie,Puisque mon propre fils les préfère à sa vie !

c °Uspira lui seul, tu n’en es point complice,t est qu’lléraelius, qu’on envoie au supplice :

’ °‘ s son fils, tu vivras

MAIITIAN.'

s . Si je l’avais été,

j^'gtieur, ce traître en vain m’aurait sollicité ;j 1 ’ lorsque contre vous il m’a fait entreprendre,Oature en secret aurait su m’en détendre.

. HÉIIACLIUS.

A|) l>reiuls donc qu’en secret mon cœur t’a prévenu.

SCÈNE IV.

PIIOCAS, IIÉRACLIUS, MARTIAN, CRISPE,EXUPÈRE, LÉONTINE.

CRISPE , à I'hocas.

Seigneur, ma diligence enfin a réussi :

J’ai trouvé Léontine et je l’amène ici.