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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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-2(>2 IIKKACLUÎS, AC'I

PHOCAS, à L,'online.

Approche, malheureuse.

HÉUACLKTS, à Léonline.

Avouez tout, madame.

•l’ai tout dit.

LÉONTINE, à H, radins.

Quoi, seigneur?

PHOCAS.

Tu l'ignores, infâme !

Qui des deux est mon fils ?

LÉONTINE.

Qui vous en fait douter?

HÉIÏACIJUS, à Lronlino.

Le nom dTIéraclius que son (ils veut porter :

Il en croit ce hillet et votre témoignage ;

Mais ne le laissez pas dans l’erreur davantage.

PHOCAS.

IVattends pas les tourments, ne me déguise rien.M’as-tu livré ton (ils? as-tu changé le mien?

I.ÉONTIXE.

.Te t’ai livré mon (ils; et j’en aime la gloire.

Si je parle du reste, oseras-tu m'en croire ?

Et qui t’assurera que pour lléraclius,

Moi qui t’ai tant trompé, je ne te trompe plus?

PHOCAS.

N’importe, fais-nous voir quelle haute prudenceEn des temps si divers leur en fait confidence,

A l’un depuis quatre ans, à l’autre d’aujourd’hui.

LÉONTINE.

T.e secret n’en est su ni de lui, ni de lui ;

Tu n’en sauras non plus les véritables causes :Devine, si tu peux, et choisis, si tu l’oses, [reur.

L’un des deux est ton fils, l’autre est ton empe-Tremble dans ton amour, tremble dans ta fureur.

Je te veux toujours voir, quoi que ta rage fasse,Craindre ton ennemi dedans ta propre race,Toujours aimer ton (ils dedans ton ennemi,

Sans être ni tyran, ni père qu’à demi.

Tandis qu’autour des deux tu perdras ton étude,Mon âme jouira de ton inquiétude;

Je rirai de ta peine ; ou, si tu m’en punis,

Tu perdras avec moi le secret de ton fils.

PHOCAS.

Et si je les punis tous deux sans les connaître,

L’un comme Héraclius, l’autre pour vouloir l'être?

LÉONTINE.

Je m’en consolerai quand je verrai PhoeasCroire affermir son sceptre en se coupant le bras,

Et de la même main son ordre tyranniqueVenger lléraclius dessus son fils unique.

Quelle reconnaissance, ingrate! tu me rendsDes bienfaits répandus sur toi, sur tes parents,

De t’avoir confié, ce (ils que tu me. caches,

D'avoir mis en tes mains ce cœur que tu m arraches,D’avoir mis à tes pieds ma cour qui t’adorait !

E IV, SCÈNE V.

Rends-moi mon fils, ingrate.

LÉONTINE.

Il m’en désavoilraiU

Et ce fils, quel qu'il soit, que tu ne peux connaître’A le cœur assez bon pour ne vouloir pas l'être.Admire sa vertu qui trouble ton repos.

C’est du fils d’un tyran que j’ai fait ce héros;Tant ce qu’il a reçu d'heureuse nourritureDompte ce mauvais sang qu’il eut de la nature •C’est assez dignement répondre à tes bienfaitsQue d’avoir dégagé ton fils de tes forfaits.

Séduit par ton exemple et par sa complaisance,

Il t’aurait ressemblé, s'il eilt su sa naissance :

(1 serait lâche, impie, inhumain comme toi!

Et tu me dois ainsi plus que je ne te doi.

EXUPÈKE.

L’impudence et l’orgueil suivent les impostures.Ne vous exposez plus à ce torrent d’injures,

Qui, ne faisant qu’aigrir votre ressentiment,

Vous donne peu de jour pour ce discernement-I.aissez-la-moi, seigneur, quelques moments en £ a1Puisque j’ai commencé, le reste me regarde : [^ f 'Malgré l’obscurité de son illusion,

J’espère démêler cette confusion.

Vous savez à quel point l’affaire m’intéresse.PHOCAS.

Achève, si tu peux, par force, ou par adresse,Exupère ; et sois silr que je te devrai tout,

Si l’ardeur de ton zèle en peut venir à bout.

Je saurai cependant prendre à part l’un et l’ai |tre ’Et peut-être qu’enfin nous trouverons le nôtre-Agis de ton côté; je la laisse avec toi :

Gêne, (latte, surprends. Vous autres, suivez- 11101

SCÈNE V.

EXUPÈRE, LÉONTINE.f.xijpèhe.

On ne peut nous entendre. Il est juste, madan 1 ^Que je vous ouvre enfin jusqu’au Coud de mon â ni ^C’est passer trop longtemps pour traître aup 1-cSVous haïssez Phoeas ; nous le haïssons tous. •• [ v011

LÉONTINE.

Oui, c’est, bien lui montrer ta haine et ta cole re ’Que lui vendre ton prince et le sang de ton P ete 'exiipéhe.

L’apparence vous trompe, et je suis en effet

LÉONTINE,

L’homme le plus méchant que la nature ait faRexupèhe.

Ce qui passe à vos yeux pour une perfidie..-

LÉONTINE.

Cache une intention fort noble et fort hardie -kxlipèhu. ,

Pouvez-vous en juger, puisque vous l’ignorez •