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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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IIÉll ACLIUS, ACTConsidérez l’état de tous nos conjurés.j^„ n est aucun de nous à qui sa violencep a *t Jonné trop de lieu d’une juste vengeance :

nous en croyant tous dans notre âme indignés,e tyran du palais nous a tous éloignés.

“ .V fallait rentrer par quelque grand service.

LÉONTINE.

't tu crois m’éblouir avec cet artifice?

EXUPÈKE.

^ adaine, apprenez tout. Je n’ai rien hasardé.p° Us savez de quel nombre il est toujours gardé ;O'ivions-nous le surprendre, ou forcer les cohortesvu de jour et de nuit tiennent toutes ses portes?^ouvions-nous mieux sans bruit nous approcher de°us 'oyez la posture où j’y suis aujourd’hui : [lui?nie parle, il m’écoute, il me croit; et lui-même‘ ® livre entre mes mains, aide à mon stratagème.est pannes seuls conseils qu’il veut publiquement

prince IJéraclius faire le châtiment;

!H>

Qne sa milice, éparse à chaque coin des rues,baissé du palais les portes presque nues :l )u * s en un moment m’y rendre le plus fort;p es ‘iniis sont tout prêts : c’en est fait, il est mort;

J userai si bien de l’accès qu’il me donne,

VU aux pieds d’Héraclius je mettrai sa couronne,ois après mes desseins pleinement découverts,e grâce, faites-moi connaître qui je sers ;

-t lie le cachez plus à ce cœur qui n’aspireVJ'a le rendre aujourd’hui maître de tout l’empire.

p LÉONTINE.

i s prit lâche et grossier, quelle brutalitéy 6 k'U juger en moi tant de crédulité?

, a > ^’un piège si lourd l’appât est inutile,ra Ure, et si tu n'as point de ruse plus subtile...

T EXUPÈlîE.

' e v °us dis vrai, madame, et vous dirai de plus...^ LÉONTINE.

I f uie fais point ici de contes superflus :

’ e ffet à tes discours ôte toute croyance.

j EXUPÈKE.

1 lùen ! demeurez donc dans votre défiance.

^ Ue demande plus, et ne vous dis plus rien ;'Ordez votre secret, je garderai le mien.

Uisque je passe encor pour homme à vous séduire,^ e nez dans la prison où je vais vous conduire :

‘ 'ous ne me croyez, craignez ce que je puis.' fl ut la lin du jour vous saurez qui je suis.

E V, SCÈNE I. 2(53

ACTE CINQUIÈME.

SCÈNE PREMIÈRE.

H ÉR ACLIUS.

Quelle confusion étrangeDe deux princes fait un mélangeQui met en discord deux amis!

Un père ne sait où se prendre;

Et plus tous deux s’osent défendreDu titre infâme de son fils,

Plus eux-mêmes cessent d’entendreLes secrets qu’on leur a commis.

Léontine avec tant de ruseOu me favorise ou m’abuse,

Qu’elle brouille tout notre sort :

Ce que j’en eus de connaissanceBrave une orgueilleuse puissanceQui n’en croit pas mon vain effort :

Lit je doute de ma naissanceQuand on me refuse la mort.

Ce fier tyran qui me caresseMontre pour moi tant de tendresseQue mon cœur s’en laisse alarmer :

Lorsqu’il me prie et me conjure,

Son amitié parait si pure,

Que je ne saurais présumerSi c’est par instinct de nature,

Ou par coutume de m’aimer.

Dans cette croyance incertaine,

J’ai pour lui des transports de haineQue je ne conserve pas bien :

Cette grâce qu’il veut me faireÉtonne et trouble ma colère ;

Et je n’ose résoudre rien,

Quand je trouve un amour de pèreEn celui qui m’ôta le mien.

Retiens, grande ombre de Maurice,

Mon âme au bord du précipiceQue cette obscurité lu fait,

Et m’aide à faire mieux connaîtreQu’en ton fils Dieu n’a pas fait naîtreUn prince à ce point imparfaitOu que je méritais de l’être,

Si je ne le suis en effet.

Soutiens ma haine qui chancelle,

Et redoublant pour ta querelleCette noble ardeur de mourii,

Fais voir... mais il m’exauce ; on vient me secourir.