HÉRACLIUS, ACTE V, SCÈNE VH.
208
Ne laissent discerner que Vive Hébaclius !Nous saisissons la porte, et les gardes se rendent.Mêmes cris aussitôt de tous côtés s’entendent ;
Et de tant de soldats qui lui servaient d’appui,Pliocas, après sa mort, n’en a pas un pour lui.
PUUCllÉRIE.
Quel chemin Exupère a pris pour sa ruine !
AMINTAS.
Le voici qui s’avance aveeque Léontine.
SCÈNE VII.
HKRACLIUS, MARTI AN, LÉONTINE, PUL-CIIÉRIE, EUROXE, EXUPÈRE, AMINTAS,
TROUPE.
HÉRACLIUS, à Léonline.
Est-il donc vrai, madame? et changeons-nous de sort?Amintas nous fait-il un fidèle rapport?
LÉONTINE.
Seigneur, un tel succès à peine est concevable ;
Et d’un si grand dessein la conduite admirable...
HÉRACLIUS, à Exupère.
Perfide généreux, hûte-toi d’embrasserDeux princes impuissants à te récompenser.
EXUPÈRE, à Héraclius.
Seigneur, il me faut grâce ou de l'un ou de l’autre :J’ai répandu son sang, si j'ai vengé le vôtre.
MARTIAN.
Qui que ce soit des deux, il doit se consolerDe la mort d’un tyran qui voulait l’immoler :
Je ne sais quoi pourtantdans mon cœur en murmure.
HÉRACLIUS.
Peut-être en vous par là s’explique la nature :Mais, prince, votre sort n’en sera pas moins doux.Si l’empire est à moi, Pulchérie est à vous.Puisque le père est mort, le fils est digne d’elle.
(à Léontine.)
Terminez donc, madame, enfin notre querelle.
LÉONTINE.
Mon témoignage seul peut-il en décider?
MARTIAN.
Quelle autre sûreté pourrions nous demander?
LÉONTINE.
Je vous puis être encor suspecte d’artifice.
Non, ne m’en croyez pas ; croyez l’impératrice.
(à Pulchérie, lui donnant un billet.)
Vous connaissez sa main, madame ; et c’est à vousQue je remets le sort d’un frère et d’un époux.Voyez ce qu’en mourant me laissa votre mère.
PULCHÉRIE.
J’en baise en soupirant le sacré caractère.
LEONTINE.
Apprenez d’elle enfin quel sang vous a produits,Princes.
HÉRACLIUS, A Eudoxe.
Qui que je sois, c’est à vous que je suis-
BILLET DE CONSTANTINE.
PULCHÉRIE lit.
« Parmi tant de malheurs mon bonheur est étrange •« Après avoir donné son fils au lieu du mien,
•>< Léontine à mes yeux, par un second échange,
« Donne encor à Pliocas mon fils au lieu du sien-» Vous qui pourrez douter d'un si rare service’« Sachez qu’elle a deux fois trompé notre tyran •
« Celui qu'on croit Léonce est le vrai Martian,
« Et le faux Martian est vrai fils de Maurice.
« Constantine. "
PULCHERIE, Héraclius.
Ah ! vous êtes mon frère !
HERACLIUS, à Pulchérie.
Et c’est heureusement
Que le trouble éclairci vous rend à votre amant-LÉONTINE, A Héraclius.
Vous en saviez assez pour éviter l’inceste,
Et non pas pour vous rendre un tel secret fm' esl( '(à Martian.)
Mais pardonnez, seigneur, à mon zèle parfaitCe que j’ai voulu faire, et ce qu’un autre a fa* 1,
MARTIAN.
Je ne m’oppose point à la commune joie;
Mais souffrez des soupirs cpie la nature envoie-Quoique jamais Pliocas 11’ait mérité d’amour,
IJn fils ne peut moins rendre à qui l’a mis au j° u ’Ce n’est pus tout d’un coup qu’à ce titre on ren° n
HÉRACLIUS.
Doue, pour mieux l’oublier, soyez encor Leou^’Sous ce nom glorieux aimez ses ennemis,
Et meure du tyran jusqu’au nom de son ôl s •
(A Eudoxc.)
Vous, madame, acceptez et ma main et l’cinp^®En échange d’un cœur pour qui le mien soup 11EUDOXE, A Héraclius.
Seigneur, vous agissez en prince généreux.
1IÉRACLI US, A Exupère et Aminlas.
Et vous dont la vertu me rend ce trouble heu 1Attendant les effets de ma reconnaissance,Reconnaissons, amis, la céleste puissance; ^Allons lui rendre hommage, et, d’un esprit conMontrer Héraclius au peuple qui l’attend.
ein d’iiérACLIUS.