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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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HÉRACLIUS,

ACTE V, SCÈNE VI.

** IIX ennemis secrets auprès de sa personne,

Q ll C dans leur juste haine animés et constants,Sur l’ennemi commun sauront prendre leur temps,terminer bientôt la feinte avec sa vie.

I>ULCHÉRIE.

°ur conserver vos jours et fuir mon infamie,Peignons, vous le voulez, et j’y résiste en vain.Sus donc, qui de vous deux me prêtera la main ?Qui veut feindre avec moi? qui sera mon complice?

HÉRACLIUS.

v °Us, prince, à qui le ciel inspire l’artifice.

MARTIAN.

’°us, que veut le tyran pour fils obstinément.

HÉRACLIUS.

V °us, qui depuis quatre ans la servez en amant.

MARTIAN.

’°us saurez mieux que moi surprendre sa tendresse.

„ IIÉRACLIUS.

°us saurez mieux que moi la traiter de maîtresse.

MARTIAN.

v °us aviez commencé tantôt d’y consentir.

rilLCHÉRIE.

! princes, votre cœur ne peut se démentir ; [me,/ ,t v °us l’avez tous deux trop grand, trop magnani-°ur souffrir sans horreur l’ombre même d’un

[crime.

| e v ous connaissais trop pour juger autrement,

^ de votre conseil, et de l’événement ;

^ je n’y déférais que pour vous voir dédire, [pire ;^oute fourbe est honteuse aux cœurs nés pour l’em-Unces, attendons tout, sans consentir à rien.

IIÉRACLIUS.

j mnirez cependant quel malheur est le mien :■obscure vérité que de mon sang je signe,u grand nom qui me perdnemepeutrendredigne;11 n’en croit pas ma mort ; et je perds mon trépas,1S( ine mourant pour lui je ne le sauve pas.

Y MARTIAN.

°Jez d’autre côté quelle est ma destinée,j nanie : dans le cours d’une seule journée,j s,l| s Héraclius, Léonce, Martiari ;

s °rs d’un empereur, d’un tribun, d’un tyran.

|, c to us trois ce désordre en un jour me fait naître,° Ur nie faire mourir enfin sans me connaître.

ÏUJLCHÉRIE.

aez r cédez tous deux aux rigueurs de mon sort :

Cé

}| JV r. . n

Y ‘ Ia U contre vous un violent effort.

malheur est grand ; mais, quoi qu’il en succè-p t niort qu’on me refuse en sera le remède ; [de,lïlQ i... Mais que nous veut ce perfide?

SCÈNE VI.

IIÉRACLIUS, PULCHÉRIE, MARTIAN,AM INTAS.

AMINTAS.

Mon bras

Vient de laver ce nom dans le sang de Phocas.

HÉRACLIUS.

Que nous dis-tu?

AMINTAS.

Qu’à tort vous nous prenez pour traîtres :Qu’il n’est plus de tyran ; que vous êtes les maîtres.

HÉRACLIUS.

De quoi?

AMINTAS.

De tout l’empire.

MARTIAN.

Et par toi ?

AMINTAS.

Non, seigneur ;

Un autre en a la gloire, et j’ai part à l’honneur.

HÉRACLIUS.

Et quelle heureuse main finit notre misère?

AMINTAS.

Princes, l’auriez-vous cru? c’est la main d’Exupère.MARTIAN.

Lui, qui me trahissait?

AMINTAS.

C’est de quoi s’étonner :

Il 11e vous trahissait que pour vous couronner.

HÉRACLIUS.

N’a-t-il pas des mutins dissipé la furie?

AMINTAS.

Son ordre excitait seul cette mutinerie.

MARTIAN.

Il en a pris les chefs, toutefois?

AMINTAS.

Admirez

Que ces prisonniers même avec lui conjurésSous cette illusion couraient à leur vengeance :Tous contre ce barbare étant d’intelligence,Suivis d’un gros d’amis nous passons librementAu travers du palais à son appartement.

La garde y restait faible, et sans aucun ombrage ;Crispe même à Phocas porte notre message :

Il vient; à ses genoux 011 met les prisonniers,

Qui tirent pour signal leurs poignards les premiers.Le reste, impatient dans sa noble colère,

Enferme la victime ; et soudain Exupère :

« Qu’on arrête, dit-il ; le premier coup m est du :« C’est lui qui me rendra l’honneur presque perdu.»IL frappe, et le tyran tombe aussitôt sans vie,

Tant de nos mains la sien ne est promptement suivie.11 s’élève un grand bruit, et mille cris confus