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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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assez appuyé une nouveauté, vous me laisserez dumoins celle d’avoir passablement défendu un pa-radoxe. Mais quand même vous m’ôteriez toutesles deux, je m’en consolerai fort aisément, parceque je suis très-assuré que vous ne m'en sauriezôter une qui m’est beaucoup plus précieuse ; c’estcelle d’être toute ma vie, monsieur, votre très-humble et très-obéissant serviteur,

CORSE] MÆ.

ARGUMENT.

Don Fernand, roi d’Aragon, chassé de ses étatspar la révolte de D. Garde d’Ayala, comte ileFuen-salida, n’avait plus sous son obéissance que la villedeCatalaïud et le territoire des environs , lorsquela reine 1). Léonor, sa femme, accoucha d'un lils,qui fut nommé 1). Sanche. Ce déplorable prince,craignant qu’il ne demeurât exposé aux fureurs dece rebelle, le fit aussitôt enlever pur I). Raymondde Moncade, son confident, afin de le faire nourrirsecrètement. Ce cavalier, trouvant dans le villagedeliubierea la femme d’un pêcheur nouvellementaccouchée d’un enfant mort, lui donna celui-ci ànourrir, sans lui dire qui il était ; mais seulementqu’un jour le roi et la reine d’Aragon le feraientGrand lorsqu’elle leur ferait présenter par lui unpetit écrin, qu’en même temps il lui donna. Le maride cette pauvre femme était pour lors à la guerre,^ibien que,revenant au bout d'un an, il pritaisémentcet enfant pour sien, et l’éleva comme s’il en élit étéle père. La reine ne put jamais savoir du roi où ilavait fait porter son fils; et tout ce qu’elle en tira,après beaucoup de prières, ce. fut qu'elle le recon-naîtrait un jour, quand on lui présenterait cet écrinoù il avait mis leurs deux portraits, avec un billetde sa main et quelques autres pièces de remarque :mais, voyant qu'elle continuait toujours à en vou-loir savoir davantage, il arrêta sa curiosité toutd’un coup, et lui dit qu’il était mort. 11 soutintaprès cela cette malheureuse guerre encore trois ouquatre ans, ayant toujours quelque nouveau dés-avantage, et mourut enfin de déplaisir et défalqué,laissant ses affaires désespérées, et la reine grosse,à qui il conseilla d'abandonner entièrement l’Ara-gon et se. réfugier en Castille : elle, exécuta ses ordres,et y accoucha d’une fille nommée I). Elvire, qu elley éleva jusqu'à l’âge de vingt ans. Cependant le jeuneprince 1). Sanche, qui se croyait fils d’un pêcheur,dès qu’il en eut atteint seize, se dérobe de ses pa-rents, et se jette dans les armées du roi de Castille,qui avait de grandes guerres contre les Maures; et,de peur d’être connu pour ce qu’il pensait être, il

D’ARAGON.

quitte le. nom de Sanche qu’on lui avait laissé, ftprend celui de Carlos. Sous ce faux nom, il fait ta" 1de merveilles, qu’il entre en grande considérationauprès du roi 1). Alphonse, à qui il sauve la vie e»un jour de bataille : mais comme ce monarque était[très de le récompenser, il est surpris de la mort, ®ne lui laisse autre chose que les favorables regai"de la reine I). Isabelle, sa sœur et son héritière,de la jeune princesse d’Aragon, 1). Klvire, quel a<miration de ses belles actions avait portées toute*deux jusques à l’aimer, mais d’un amour étouupar le souvenir de ce qu’elles devaient à la dign'J*de leur naissance. Lui-même avait couru aussila passion pour toutes deux , sans oser prétendre <pas une, se croyant si fort indigne d’elles. Cepe'jdont tous les grands de Castille ne voyant pointrois voisins qui pussent épouser leur reine, prête' 1dont à l’envi l’un de, l’autre à son mariage, et etaprès de former une guerre civile pour ce sujet,états du royaume la supplient de choisir un n ,aIpour éviter les malheurs qu’ils en prévoyaient <voir naître. Elle s’en excuse comme ne connaissepas assez particulièrement le mérite de, ses pi'è' f11 .dants, et leur commande de choisir eux-niêm fStrois qu’ils en jugent les plus dignes, les assm alque, s’il se rencontre quelqu'un entre ces troisqui elle puisse prendre quelque inclination, efi fpensera. Ils obéissent, et lui nomment 1). jVlani'id 1 ^de Lare, I). Lope de Cusman, et D. Alvar de U 1 ' 1 './qui, bien que passionné pour la princesse D-edt cru faire une lâcheté, et offenser sa reine, ^eut rejeté l’honneur qu’il recevait de son pay s U.

cette

nuv

e nomination. D’autre côté, les Aragonais, ^és de la tyrannie de 1). Garnie et de D. R a "son lils, les chassent de Saragosse, et, les ay a " ‘sièges dans la forteresse de.laea, envoient des< ^ stés à leurs princesses, réfugiées en Castille, P 0 " 1 Pprier de revenir prendre possession d’un r0 ' J ] fl isqui leur appartenait. Depuis leur départ, ces ,tyrans ayant été tués en la prise de Jaca, D; ^moud , qu’ils y tenaient prisonnier depuis si-' ‘ ,

apprend à ces peuples que, I). Sanche, le" 1 ’ P 1 .était vivant, et part aussitôt pour le cherche 1 ' : tbierca, où il apprend que le pêcheur, qui cl . a ||éson fils, l’avait, perdu depuis huit ans, et 1 et a -j|chercher en Castille, sur quelques nouvelles 1 jen avait eues par un soldat qui avait servi s ^ ^contre les Maures. 11 pousse aussitôt de ce < er .et joint, les députés comme ils étaient près d a' fgtC’est par son arrivée que l’aventurier C al j pireconnu pour le prince I). Sanche; après <1 pll treine D. Isabelle se donne, à lui, du conseil ^ g .même, des trois que ses états lui avaient» 01et D. Alvar en obtient la princesse D.par cette reconnaissance, se trouve être sa sn