DON SANCHE J)'ARAGON.
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tess °us de sa dignité, permettez-moi de conclure,a simili, que nous pouvons faire une comédiee »tre des personnes illustres, quand nous nous enO"posons quelque aventure qui ne s’élève point^'-dessus de sa portée. Et certes, après avoir lul| iis Aristote que la tragédie est une imitation desétions, et non pas des hommes, je pense avoir'lhelque droit, de dire la même chose de la co-| let 'ie, et de prendre pour maxime que c’est par! seule considération des actions, sans aucun» ai 'd aux personnages, qu’on doit déterminer de'icelle espèce est un poème dramatique. Voilà,'"tmsieur, bien du discours, dont il n’était pase soin pour vous attirer à mon parti, et gagner^tre suffrage en faveur du titre que j’ai donné à°» Sanche. Vous savez mieux que moi tout ce, e je vous dis, mais comme j’en fais conlidencepublic, j’ai cru que vous ne vous offenseriez
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Pas
I . ( lue je vous lisse souvenir des choses dont je1 dois quelque lumière. Je continuerai donc, s’ilv ^ üs plaît, et lui dirai que Don Sanche est une'table comédie, quoique les acteurs y soient ouls "u grands d’Espagne, puisqu’on n’v voit naître
Ptii péril par qui nous puissions être portés a laP'tté
ou à la crainte. Notre aventurier Carlos n’y
ti lM 't aucune risque. Deux de ses rivaux sont
I . I* jaloux de leur rang pour se commettre avec
„ ’ l ‘t trou nénéreux nom - lui dresser rmelmie su -Per ( .]
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- trop généreux pour lui dresser quelque su-, •'cherie. I,e mépris qu’ils en font, sur l’incerti-d e ' son origine, ne détruit point en eux l’estimel e Sa valeur, et se change en respect sitôt qu’ilsH)tf eilve nt soupçonner d’être ce qu’il est véritable-l a quoiqu’il ne le sache pas. Le troisième liePan* f ' e avei ' ' ul ’ llla * s e '* e est incontinent rompuej,. 'a reine; et quand même elle s’achèverait parU’. e ! le desa vie, la mort d'un ennemi par un ennemi,j Up llen de pitoyable ni de terrible, et par consé-et tU l ’ien de tragique. Il a de grands déplaisirs,lo/* 111 seill Went vouloir quelque pitié de nous,( I" il dit lui-même à une de ses maîtresses,
Je Plaindrais un amant qui souffrirait mes peines;
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1 nous ne voyons autre chose dans les comé-^ es unumts qui vont mourir, s’ils ne pos-
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U e ° e qu’ils aiment, et de semblables douleurscp,'*, le l lar rnt aucun effet tragique, on ne peut dired;, Us aillent au-dessus de la comédie. Il tombedé(. l| nique malheur qu’il appréhende : il estln êip U ' 611 1 )0U|- Dis d’un pêcheur ; mais, en cet étatPuis ll a S al ’de de nous demander notre pitié,^ S o ^ ense de ce ** e ( * e ses rivaux. Ce n’estdllaif 1111 ''® ros a "iode d’Euripide, qui les ha-Sp e lambeaux pour mendier les larmes desde a ( ‘ llrs ; celui-ci soutient sa disgrâce avec tantdp er '"eté
iiif^.j 1 ' S''and courage, que de compassion de son;u 'l’i V p' Ue ' ^ 0I1S la craignons pour lui avant quelle’ ln ais cette crainte n’a sa source que dans
qu’il nous imprime plus d’admiration
l’intérêt que nous prenons d’ordinaire à ce quitouche le premier acteur, et se peut ranger intercommunia utriusque dramatis, aussi bien quela reconnaissance qui fait le dénoûment de cettepièce. La crainte tragique ne devance pas le mal-heur du héros, elle le suit ; elle n’est pas pour lui,elle est pour nous; et se produisant par uneprompte application que la vue de ses malheursnous fait faire sur nous-mêmes, elle purge en nousles passions que nous en voyons être la cause.Enfin je ne vois rien en ce poème qui puisse mé-riter le nom de tragédie, si nous ne voulons nouscontenter de la définition qu’en donne Averroès 1qui l’appelle simplement un art de louer. En cecas, nous ne lui pourrons dénier ce titre sans nousaveugler volontairement, et ne vouloir pas voirque toutes ses parties ne sont qu’une peinture despuissantes impressions que les rares qualités d'unhonnête homme font sur toutes sortes d’esprits,qui estime façon de louer assez ingénieuse et horsdu commun des panégyriques. Mais j’aurais mau-vaise grâce de me prévaloir d’un auteur arabe,que je ne connais que sur la foi d’une traductionlatine; et, puisque sa paraphrase abrège le texted’Aristote en cet article, au lieu de l’étendre, jeferai mieux d’en croire ce dernier, qui ne permetpoint à cet ouvrage de prendre un nom plus relevéque celui de comédie. Ce n’est pas que je n'aiehésité quelque temps, sur ce que je n’y voyais rienqui pût émouvoir à rire. Cet agrément a été jus-qu’ici tellement de la pratique de la comédie, quebeaucoup ont cru qu’il était aussi de son essence ;et je serais encore dans ce scrupule, si je n’enavais été guéri par votre Heinsius, de qui je viensd’apprendre heureusement que movere risum nonconstitua comœdiam, sed plebis aucupimn est,etabusus. Après l’autorité d’un si grand homme,je serais coupable de chercher d autres raisons, etde craindre d’être mal fondé à soutenir que la co-médie se peut passer duridicule. J’ajoute à celle-ci l’épithète de héroïque, pour satisfaire aucune-ment à la dignité de ses personnages, qui pourraitsembler profanée par la bassesse d’un titre que ja-mais on n’a appliqué si haut. Mais, après tout,monsieur, ce n’est qu’un intérim , jusqu’à ce quevous m’ayez appris comme j’ai dû l’intituler. Jene vous l’adresse que pour vous l’abandonner en-tièrement : et si vos Elzéviers se saisissent de cepoème comme ils ont fait de quelques-uns desmiens qui l’ont précédé, ils peuvent le faire voir avos provinces sous le titre que vous lui jugerezplus convenable, et nous exécuterons ici 1 arrêtque vous en aurez donné. J’attends de vous cetteinstruction avec impatience, pour m affermir dansmes premières pensées, ou les rejeter comme demauvaises tentations : elles flotteront jusque-là;et si vous ne me pouvez accorder la gloire d a\oir
1 Coimncntaicur d’Aristole. Il vivait au xiie siècle.
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