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DON SANGIIE D’ARAGON, ACTE 11. SEF.NE T.
| Nous ne dédaignons point un si digne rival :
SCÈNE Y.
Mais pour votre marquis, qu’il cherche son égal.
D - MANRIQUE, D. LOl’E , R. ALVAR.
ACTE DEUXIÈME.
1). LOPE.
°us voyez l’arrogance.
I). ALVAR.
Ainsi les grands courages‘ a '’ent en généreux repousser des outrages.
^ T). MANRIQUE.
se méprend pourtant s'il pense qu’aujourd’hui'°us daignions mesurer notre épée avec lui.
1). ALVAll.
^etuser un comliat!
1). LOPE.
Des généraux d’armée,
^loux de leur honneur et de leur renommée,
1 e s e commettent point contre un aventurier.
^ D. ALVAR.
e mettez point si bas un si vaillant guerrier :
Jj" il soit ce qu’en voudra présumer votre haine,doit être pour nous ce qu’a voulu la reine.
j D. LOPE.
re ine qui nous brave, et, sans égard au sang,
Se souiller ainsi l’éclat de notre rang !
j 1). ALVAIt.
’ es rois de leurs faveursne sont jamais comptables,s font, comme il leur plaît, et défont nos sembla-p d.’manriqüe. [blés,
y u ers les majestés vous êtes bien discret.
°yez vous cependant qu’elle l’aime en secret?
j n. ALVAR.
" es > si vous voulez, qu’ils sont d’intelligence,
Nu eli e a de sa valeur si haute confiance,
N 11 elle espère par là faire approuver son choix,
A se rendre avec gloire au vainqueur de tous trois;
N 1 elle nous liait dans l’âme autant qu’elle l’adore :
‘ est u nous d’honorer ce que la reine honore.
Y n. MANRIQUE.
°us la respectez fort : mais y prétendez-vous?
11 'fit que l’Aragon a des charmes si doux...
r. , ' D. ALVAR.
nu ils nie soient doux ou non, je ne crois pas sans°nvoir de mon pays désavouer l’estime; [crimel’f Puisqu’il m’a jugé digne d’être son roi,soutiendrai partout l’état qu’il fait de moi.
' a >s donc disputer, sans que rien me retarde,p J 1 Ula rquis don Carlos cet anneau qu’il nous garde;
^ si sur sa valeur je le puis emporter,j ‘"-tendrai de vous deux qui voudra me l’ôter :
’ e Giamp vous sera libre.
11. LOPE.
A la bonne heure, comte ;° Us vous irons alors le disputer sans honte;
SCÈNE PREMIÈRE.
D. ISABELLE, BLANCHE.
D. ISABELLE.
Blanche, as-tu rien connu d’égal à ma misère ?
Tu vois tous mes désirs condamnés à se taire,
Mon cœur faire un beau choix sans l’oser accepter,Et nourrir un beau feu sans l’oser écouter.
Vois par là ce que c’est, Blanche, que d’être reine :Comptable de moi-même au nom de souveraine,
Et sujette à jamais du trône où je me voi,
Je puis tout pourtout autre,et ne puis rien pour moi.
0 sceptres! s’il est vrai que tout vous soit possible,Pourquoi ne pouvez-vous rendre un cœur insensible?Pourquoi permettez-vous qu’il soit d’autres appas,Ou que l’on ait des yeux pour ne les croire pas ?BLANCHE.
Je présumais tantôt que vous les alliez croire;
J’en ai plus d’une fois tremblé pour votre gloire.Ce qu’à vos trois amants vous avez fait jurer
Au choix de don Carlos semblait tout préparer :
Je le nommais pour vous. Blais enfin par l’issue
Ma crainte s’est trouvée heureusement déçue ;L’effort de votre amour a su se modérer;
Vous l’avez honoré sans vous déshonorer,
Et satisfait ensemble, en trompant mon attente,La grandeur d’une reine et l’ardeur d’une amante.
]). ISABELLE.
Dis que pour honorer sa générosité,
Mon amour s’est joué de mon autorité,
Et qu’il a fait servir, en trompant ton attente,
Le pouvoir de la reine au courroux de l’amante.
D’abord par ce discours, qui t’a semblé suspect,Je voulais seulement essayer leur respect,
Soutenir jusqu’au bout la dignité de reine;
Et comme enfin ce choix me donnait de la peine,Perdre quelques moments, choisir un peu plus tard :J’allais nommer pourtant, et nommer au hasard :Mais tu sais quel orgueil «Mit lors montré les comtes,Combien d’affronts pour lui, combien pour moi deCertes, il est bien dur à qui se voit régner [hontes.De montrer quelque estime, et la voir dédaigner.Sous ombre de venger sa grandeur méprisée,L’amour à la faveur trouve une pente aisée :
A l’intérêt du sceptre aussitôt attaché,
Il agit d’autant plus qu’il se croit bien caché,
Et s’ose imaginer qu il ne fait lien paraître