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DON SANC11E D’A H Ali O
kt c'est m’entendre mal que vous armer contre eux.
-Va liriez-vous point pensé que, si ce grand courage^ 0lls pouvait sur tous trois donner quelque avan-9 ^ dirait que l’état, me cherchant un époux, [tage,
N
en aurait pu trouver de comparable à vous?^i'1 si je vous croyais si vain, si téméraire...
CARLOS.
hdame, arrêtez, là votre juste colère;
suis assez coupable, et n’ai que trop osé,
‘ ans choisir pour me perdre un crime supposé.
•ie ne me défends point des sentiments d’estime
Quevi
vos moindres sujets auraient pour vous sans cri-^°rsque je vois en vous les célestes accords [me.
•Te
es grâces de l'esprit et des beautés du corps,
Puis, de tant d’attraits, l’Ame toute ravie,
‘ Ur l’heur de votre époux jeter un œil d’envie ;
L® Puis contre le ciel en secret murmurere n’être pas né roi pour pouvoir espérer;jjV les yeux éblouis de cet éclat suprême,
^ a, sser soudain la vue, et rentrer en moi-même :^' Us que je laisse aller d’ambitieux soupirs,j 11 ridicule espoir, de criminels désirs !...p v °us aime, madame, et vous estime en reine,j,’} 'JUand j’aurais des feux dignes de votre haine,s '°tre Ame, sensible à ces indignes feux,
Pouvait oublier jusqu’à souffrir mes vœux;
1 )
Par quelque malheur que je ne puis comprendre,11 trône jusqu'à moi je la voyais descendre,0r Uniencant aussitôt à vous moins estimer,e Userais sans doute aussi de vous aimer.
amour que j’ai pour vous est tout à votre gloire:j lle vous prétends point pour fruit de ma victoire;^ ooinhats vos amants, sans dessein d’acquérirp Ue l’heur d’en faire voir le plus digne, et mourir;^ heiulrais mon destin assez digne d’envie,g 1 1® faisait connaître aux dépens de ma vie.
|ait. ce vos f aveiirs répondre pleinementjl" e hasarder ce choix à mon seul jugement?
J e ° Us ( ^°' t ,ln epoux, à la Castille un maître;
J e ' )U ' S en n, al j u gcr, je puis les mal connaître.p s ais qu’ainsi que moi le démon des combatsdonner au moins digne et vous et vos états ;Py' S , < ' 11 m °ius si le sort des armes journalièresî’^ laisse par ma mort de mauvaises lumières,
Iq 6 n ,'' en <A ’ tera la honte et le regret ;pj U'enie, si v otre Ame en aime un en secret,j f lUe ce triste choix rencontre mal le vôtre,p lle v °us verrai point, entre les bras d’un autre,(J'iil° ( l |er à Carlos par de muets soupirs
est l’unique auteur d,e tous vos déplaisirs.
\ e J). ISABELLE.
iq, 'ci'chez point d’excuse à douter de ma flamme,y^î^'iis i je puis aimer, puisqu’enfin je suis femme;Qn\’ Sl j’aime, c’est mal me faire votre cour
p t5i P°ser au trépas l’objet de mon amour;tout-
c votre ardeur sè serait modérée
N, ACTE II, SCÈNE II.
A m’avoir dans ce doute assez considérée :
Je le veux éclaircir, et vous mieux éclairer,
Afin de vous apprendre à me considérer.
Je ne le cèle point; j’aime, Carlos, oui, j’aime;Mais l’amour de l’état, plus fort que de moi-même,Cherche, au lieu de l’objet le plus doux à mes yeux,J,e plus digne héros de régner en ces lieux :
Et craignant que mes feux osassent me séduire,J’ai voulu m’en remettre à vous pour m’en instruire.Blais je crois qu’il suffit que cet objet d’amourPerde le trône et moi, sans perdre encor le jour :Et mon cœur qu’on lui vole en souffre assez d'alav-
[mes,
Sans que sa mort pour moi me demande des larmes.
CARLOS.
Ah! si le ciel tantôt me daignait inspirerEu quel heureux amant je vous dois révérer,
Que par une facile et soudaine victoire...
O. ISABELLE.
Ne pensez qu’à défendre et vous et votre gloire.Quel qu’il soit, les respects qui l’auraient épargnéLui donneraient un prix qu’il aurait mal gagné;Et céder à mes feux plutôt qu’à son mériteNe serait que me rendre au juge que j’évite.
Je n’abuserai point du pouvoir absoluPour défendre un combat entre vous résolu;
Je blesserais par là l’honneur de tous les quatre :I.es lois vous l’ont permis, je vous verrai combattre ;C’est à moi, comme reine, à nommer le vainqueur.Dites-moi, cependant, qui montre plus de cœur?Qui des trois le premier éprouve la fortune ?
CAKLOS.
Don Alvar.
I). ISABELLE.
Don Alvar !
CAKLOS.
Oui, don Alvar de Lune.
I). ISABELLE.
On dit qu'il aime ailleurs.
CARLOS.
On le dit ; mais enfin
T.ui seul jusqu’ici tente un si noble destin.
B. ISABELLE.
Je devine à peu près quel intérêt l’engage;
Et nous verrons demain quel sera son courage.CARLOS.
Vous ne m’avez donné que ce jour pour ce choix.
1). ISABELLE.
J’aime mieux au lieu d’un vous en accorder trois.
CAKLOS.
Madame, son cartel marque cette journée.
1). ISABELLE.
C’est peu que son cartel, si je ne 1 ai donnée :Qu’on le lasse venir pour la voir différer.
Je vais pour vos combats faire tout préparer.