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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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DON SANC1IE D’AU AO ON, ACTE II, SCÈNE TV.

Adieu. Souvenez-vous surtout de ma défense;

Et vous aurez demain l’honneur de ma présence.

SCÈNE III.

CARLOS.

Consens-tu qu’on diffère, honneur? le consens-tu?Cet ordre n’a-t-il rien qui souille ma vertu?

N’ai-je point h rougir de cette déférenceQue d’un combat illustre achète la licence?

Tu murmures, ce semble? Achève; explique-toi.La reine a-t-elle droit de te faire la loi ?

Tu n'es point son sujet, T Aragon m’a vu naître.

O ciel ! je m'en souviens; et j’ose encor paraître?Et je puis, sous les noms de comte et de marquis,D’un malheureux pêcheur reconnaître le fils !

Honteuse obscurité, qui seule me fais craindre!Injurieux destin, qui seul me rends à e !

Pinson m’en fait sortir, plus je crains d’v rentrer ;Et crois ne t’avoir fui que pour te rencontrer.

Ton cruel souvenir sans fin me persécute;

Du rang où l’on m’élève il me montre la chute.Lasse-toi désormais de me faire trembler;

■le parle à mon honneur, 11e viens point le troubler.Laisse-le sans remords m’approcher des couronnes;Et 11e viens pas 111’ôter plus que tu ne 111e donnes.Je 11’ai plus rien à toi : la guerre a consuméTout cet indigne sangtfont tu m’avais formé;

J’ai quitté jusqu’au nom que je tiens de ta haine,Et 11e puis... Mais voici ma véritable reine.

SCÈNE IV.

D. EIATRE, CARLOS.

1). EI.VJRE.

Ah ! Carlos, car j’ai peine à vous nommer marquis,Non qu’un titre si beau 11e vous soit bien acquis,Non qu’avecque justice il ne vous appartienne,Alais parce qu’il vous vient d’autre main que la mien-Et que je présumais n’appartenir qu’à moi [11e,D’élever votre gloire au rang oii je la voi.

Je me consolerais toutefois avec joie

Des faveurs que sans moi le ciel sur vous déploie,

Et verrais sans envie agrandir un héros,

Si le marquis tenait ce qu’a promis Carlos,

S’il avait comme lui son bras à mon service-Je venais à la reine en demander justice ;

Alais, puisque je vous vois, vous m’en ferez raison.

Je vous accuse donc, non pas de trahison,

Pour un cœur généreux cette tache est trop noire,Mais d’un peu seulement de manque de mémoire.

CAllI.OS.

I). ELYII1E.

Écoutez mes plaintes en repos.

Je me plains du marquis, et non pas de Carlos.Carlos de tout son cœur me tiendrait sa parole :Mais ce qu’il m’a donné, le marquis me le vole;C’est lui seul qui dispose ainsi du bien d’autrui,Et prodigue son bras quand il n’est plus à lui.Carlos se souviendrait que sa haute vaillanceDoit ranger don Gareie à mon obéissance;Qu’elle doit affermir mon sceptre dans ma main,Qu’il doit m’accompagner peut-être dès demain •Alais ce Carlos 11’est plus, le marquis lui succède,Qu’une autre soif de gloire, un autre objet possède,Et qui, du même bras qui m’engageait sa foi,Entreprend trois combats pour une autre que ni° 1-Hélas! si ces honneurs dont vous comble la reu' eRéduisent mon espoir en une attente vaine ;

Si les nouveaux desseins que vous en concevezVous ont fait oublier ce que vous me devez,llendez-lui ces honneurs qu’un tel oubli proiai'GRendez-lui Penaliel, Rurgos, et Santillane;

J,’Aragon a de quoi vous payer ces refus,

Et vous donner encor quelque chose de plus-

» CARLOS.

Et Carlos, et marquis, je suis à vous, madame,Le changement de rang 11e change point mon â |,ieAlais vous trouverez bon que, par ces trois déf lS ’Carlos tâche à payer ce que doit le marquis-A r ous réserver mon liras noirci d’une infamie,Attirerait sur vous la fortune ennemie,

Et vous hasarderait, par cette lâcheté,

Aujuste châtiment qu’il aurait mérité.

Quand deux occasions pressent un grand com 3 » ’L’honneur à la plus proche avidement ]’engag e ’Et lui fait préférer, sans le rendre inconstant,Celle qui se. présente à celle qui l’attend.

Ce 11’est, pas toutefois, madame, qu’il l’oubim •Alais bien que je vous doive immoler don f' aV< ’J’ai vu que vers la reine 011 perdait le respect .Que d’un indigne amour son cœur était suspPour m’avoir honoré je l’ai vue outragé^) ,

Et - 11e puis m’acquitter qu’a près l’avoir veng ee-

n ’ ELVIRE ‘ ,ds l’if 1 ’

C’est 111e faire une excuse où je ne comprem

Sinon que son service est préférable au mien, ^

Qu’avant que de me suivre on doit mourir P olir

Et qu’étant son sujet il faut m’être infidèle-

carlos.

Ce n’est point en sujet que je cours au e°n ‘Peut-être suis-je né dedans quelque autre e

Alais, parunzèleentieretpourruneetpom

J’embrasse également son service et le u>tre J elI xEt les plus grands périls n’ont rien de basaiQue j’ose refuser pour aucune des deux- ^Quoique engagé demain à combattre pom _

I S’il l’allait aujourd’hui venger votre que 1 e ’

Moi, madame?