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Oeuvres de P. et TH. Corneille / précédées de la vie de P. Corneille par Fontenelle et des discours sur la poésie dramatique
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DON SANC11E D’ARAGON, ACTE IV, SCÈNE III.

lit par pitié d’être désabusé.

[sonnes,

Mérita

^°tre orgueil n’est pas tel, qu’il s’attache aux per-u qu’il ose oublier ce qu’il doit aux couronnes ;. S ’Ü n’a pas eu d’yeux pour un roi déguisé,

1 l’inconnu Carlos s’en est vu méprisé,

°us respectons don Sanclie, et l'acceptons pourj. °t qu’à notre reine il se fera connaître : [maître,if„ sans doute son cœur nous en avoûra bien.at(, z cette union de votre sceptre au sien,e, gueur, et, d’un soldat quittant la fausse image,'ecevez, comme roi, notre premier hommage.

CARLOS.

^ 0| ntes, ces faux respects dont je me vois surprisj plus injurieux encor que vos mépris.p P f nse avoir rendu mon nom assez illustrej,° Ur n’avoir pasbesoin qu’on lui donne un faux lus-^Prenez vos honneurs où je n’ai point de part. [tre.|. 1||| l | utais ce faux bruit aux fureurs du hasard,p doutais qu’il pût être une Ame assez hardie^ 0l| r ériger Carlos en roi de comédie :j, ais i puisque c’est un jeu de votre belle humeur,l^'hez q Ue ] es vaillants honorent la valeur ;ÿ 'l"e tous vos pareils auraient quelque scrupulej.. a "' ( ' de la mienne un éclat ridicule.

e est votre dessein d’en réjouir ces lieux,t vUa nd vous m’aurez vaincu vous me raillerez mieux:U 'Mllerie est belle après une victoire;

■q' 1 J a fait avec grAce aussi bien qu’avec gloire,j n ' s vous précipitez un peu trop ce dessein :if p. a ^ ue de la reine est encore en ma main ;y "'connu Carlos, sans nommer sa famille,p , s ser t encor d’obstacle au trône de Castille,p )ras i qui vous sauva de la captivité,s ’opposer encore à votre avidité.

P 0 ^ 1>. MANBIQUE.

Vq 11 vtre que Carlos, vous parlez bien en maître,j,. 'anchez bien du prince, en déniant de l’être.l >l|'° lls avons tantôt jusqu’au bout défenduv 0l 'neur qu’à notre rang nous voyions être dû.

!\|.. durons bien encorjusqu’au bout le défendre ;

' s ee que nous devons, nous aimons à le rendre.1;^ e v oussoyez don Sanclie, ou qu’un autre le soit,'Vil' 61 ^ autre d e nous lui rendra ce qu’il doit.t v )u’jj* e Nouveau marquis, quoiquel’honneur l’in ite,S| a i Sat ‘he qu’on l’honore autant qu’il le mérite ,4i ( | ( f Ue , pour nous combattre, il faut que le bonQu’i| <ÜI P eu sa valeur à soutenir ce rang, [sang]\ 0tl 11 J’ Prétende point à moins qu’il se déclare :( f Ue nous demandions qu’il soit Guzman ou

Qu’il s • [Lare :

ïf 0l | 1 noble, il suffit pour nous traiter d’égal ;lîf . verrons tous deux comme un digne rival ;

J l jjj i J w uo uvvt.x «V p 1

!\o„ 0,1 Sanclie enfin n’est qu’une attente vaine,Qu’il Ul ^* s P u f el 'ons cet anneau de la reine.

Que S ° llf fre cependant, quoique brave guerrier,otre bras dédaigne un simple aventurier.

Nous vous laissons, madame, éclaircir ce mystère:Le sang a des secrets qu’entend mieux une mère;Et, dans les différends qu’avec lui nous avons,Nous craignons d’oublier ce que nous vous devons.

SCÈNE III.

1). LÉONOU, CARLOS.

CAI1LOS.

Madame, vous voyez comme l’orgueil me traite;Pour me faire un honneur on veut que je l’achète :Mais, s’il faut qu’il m’en coûte un secret de vingt ans,Cet anneau dans nos mains pourra briller long-n. i.éon'or. [temps.

Laissons là ce combat, et parlons de don Sanclie.Ce bruit est grand pour vous, toute la cour y penche :De grâce, dites-moi, vous connaissez-vous bien ?

CAKI.OS.

Plût à Dieu qu’en mon sort je ne connusse, rien !Si j’étais quelque enfant épargné des tempêtes,Livré dans un désert à la merci des bêtes,

Exposé par la crainte ou par l’inimitié,

Rencontré par hasard, et nourri par pitié,

Mon orgueil à ce bruit prendrait quelque espéranceSur votre incertitude, et sur mon ignorance;

Je me figurerais ces destins merveilleux,

Qui tiraient du néant les héros fabuleux,

Et me revêtirais des brillantes chimèresQu’osa former pour eux le loisir de nos pères :

Car enfin je suis vain, et mon ambitionNe peut s’examiner sans indignation :

Je ne puis regarder sceptre ni diadèmeQu’ils n’emportent mon Ame au delà d’elle-même :Inutiles élans d’un vol impétueuxQue pousse vers le ciel un cœur présomptueux,Que soutiennent en l’air quelques exploits de guerre,Et qu’un coup d’œil sur moi rabat soudain à terre!Je ne suis point don Sanclie,et connais mes parents;Ce bruit me. donne en vainunnom queje vous rends ;Gardez-le pour ce prince : une heure ou deux peut-Avec vos députés vous le feront connaître, [êtreLaissez-moi cependant à cette obscuritéQui ne fait que justice à ma témérité.

1). LÉONOlt.

En vain donc je me flatte, et ce que j’aime à croireN’est qu’une illusion que me fait votre gloire.

Mon cœur vous en dédit ; un secret mouvement,Qui le penche vers vous, malgré moi vous dément :Blais je ne puis juger quelle source l’anime,

Si c’est l’ardeur du sang, ou l’effort de l’estime ;

Si la nature agit, ou si c’est le désir ;

Si c'est vous reconnaître, ou si c’est vous choisir.

Je veux bien toutefois étouffer ce murmureGomme de vos vertus une aimable imposture,

1!)