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DON SANCHE D’A 15 A G ON, ACTE IV, SCÈNE V.
Condamner, pour vous plaire, un bruit qui m’est siMais où sera mon fils s’il ne vit point eu vous ? [doux ;On veut qu’il soit ici ; je n’en vois aucun signe : •On connaît, hormis vous, quiconque en serait digne;Et le vrai sang des rois, sous le sort abattu,
Peut cacher sa naissance, et non pas sa vertu :
11 porte sur le front un luisant caractèreQui parle malgré lui de tout ce qu’il vent taire;Et celui que le ciel sur le vôtre avait misPouvait seul m’éblouir si vous l’eussiez permis.
Vous ne l’êtes donc point, puisque vous me le d ites:Mais vous êtes à craindre avec tant de mérites.Souffrez que j'en demeure à cette obscurité.
Je ne condamne point votre témérité ;
Mon estime, au contraire, est pour vous si puissante,Qu’il ne tiendra qu’à vous que mon cœur n’y con-Yotre sang avec moi n’a qu’à se déclarer, [ sente :Et je vous donne après liberté d’espérer.
Que si même à ce prix vous cachez votre race,
Ne me refusez point du moins une autre grâce :Ne vous préparez plus à nous accompagner ;
Nous n’avons plus besoin de secours pour régner.La mort de don Garde a puni tous ses crimes,
Et rendu l’Aragon à ses rois légitimes; [vœux,N’en cherchez plus la gloire, et quels que soient vosNe me contraignez point à plus que je lie veux.
Le prix de la valeur doit avoir ses limites ;
Et je vous crains enfin avec tant de mérites.
G’est assez vous en dire. Adieu : pensez-y bien,
Et faites-vous connaître ou n’aspirez à rien.
SCÈNE IY.
CARLOS, BLANCHE.
BLANCHE.
Qui ne vous craindra point, si les reines vouscrai-caklos. [gnent?
Elles se font raison lorsqu’elles me dédaignent.MANCHE.
Dédaigner un héros qu’on reconnaît pour roi!
CARLOS.
N'aide point à l’envie à se jouer de moi,
Blanche, et si tu te plais à seconder sa haine,
Du moins respecte en moi l’ouvrage de ta reine.
BLANCHE.
La reine même en vous ne voit plus aujourd’huiQu’un prince que le ciel nous montre malgré lui.Mais e’est trop la tenir dedans l’incertitude,
Ce silence vers elle est une ingratitude ;
Ce qu’a fait pour Carlos sa générositéMéritait de don Sanche une civilité.
CARLOS.
Ali! nom fatal pour moi, que tu me persécutes,
Et prépares mon fune à d’effroyables chutes!
SCÈNE Y.
D. ISABELLE, CARLOS, BLANCHE.
CA1U.OS.
Madame, commandez qu’on me laisse en repos,Qu’on 11e confonde plus don Sanche avec Carlos,C’est faire au nom d’un prince une trop longue u 1 'te 11e veux que celui de. votre créature ; [j lil ’ e ’Et si le sort jaloux, qui semble me flatter,
Veut m’élever plus haut pour m’en précipiter,Souffrez qu’en m’éloignant je dérobe ma têteA l’indigne revers que sa fureur m’apprête.
Je le vois de trop loin pour l’attendre en ce h el1 ’Souffrez que je l’évite en vous disant adieu;Souffrez...
D. ISABELLE. ,
Quoi ! ce grand cœur redoute unecouroi » 16 1Quand on le croit, monarque, il frémit, il s’étoi 11,f 'Il veut fuir cette gloire, et se laisse alarmerDe ce que sa vertu force d’en présumer!
CARLOS.
Ah! vous ne voyez pas que cette erreur corn »' 11N’est qu’une trahison de ma bonne fortune;
Que déjà mes secrets sont à demi trahis.
Je lui cachais en vain 111a race et mon pays; ^En vain sous 1111 faux nom je 111e faisais conna 1Pour lui faire oublier ce qu’elle m’a faitnaîh e ’Elle a déjà trouvé mon pays et mon nom.
Je suis Sanche, madame, et né dans l’Arago 11 '
Et je crois déjà voir sa malice funesteDétruire votre ouvrage en découvrant le reste.
Et faire voir ici, par un honteux effet,
Quel comte et quel marquis votre faveur a f alt '
n. ISABELLE. ge
Pourrais-je alors manquer de force ou de c<> u '^ rPour empêcher le sort d’abattre mon ouvra g 1 ’-Ne me dérobez point ce qu’il 11e peut teniii'îEt. la main qui l’a fait saura le soutenir.
Mais vous vous en formez une vaine menacePour faireun beau prétexte à l’amour qui vous 1 ' *'Je 11e demande plus d’où partait ce dédain, ^Quand j’ai voulu vous faire un hymen de ma |1UAllez dans l’Aragon suivre votre princesse,
Mais allez-y du moins sans feindre une faim eEt puisque ce grand cœur s’attache à ses apl ,aS ’Montrez, en la suivant, que vous 11e fuyez
CARLOS. . .
Ali ! madame, plutôt apprenez tous mes cru ^Ma tête est à vos pieds, s’il vous faut des vit,tnTout chétif que je suis, je dois vous a'oU er ^.Qu’en me plaignant du sort j’ai de quoi m enS’il m’a fait en naissant quelque désavantage-Il m’a donné d’un roi le nom et le courage,
Et, depuis que mon cœur est capable d aimeD